Inchallah
La polémique fait rage en Grande-Bretagne à la suite des propos du chef de l'Eglise anglicane, l'archevêque de Canterbury, Rowan Williams, lequel a déclaré le 7 février que l'adoption par le Royaume-Uni de certains aspects de la loi islamique, hors « châtiments extrêmes » et « discrimination envers les femmes », était « inévitable » et devait être appréhendée avec ouverture desprit par les Britanniques. Ce blanc-seing donné à la charia, le choix qui serait laissé à un mahométan de choisir entre un tribunal islamique et un tribunal civil pour résoudre certaines disputes comme les divorces, a été accueilli avec satisfaction par l'imam de luniversité égyptienne d'Al-Azhar. Pour le cheikh Abdel Fattah Allam, « les déclarations de Rowan Williams vont dans la bonne direction et ont un impact positif chez les musulmans ». Au pays de sa gracieuse majesté le son de cloche a été très différent puisque les propos de Rowan Williams ont soulevé lhostilité quasi générale de lopinion, de la classe politique et selon un sondage du Sunday Telegraph, des deux tiers des membres dirigeants de l'Eglise anglicane. Mais aussi du cardinal Cormac Murphy-O'Connor, chef des catholiques d'Angleterre et du pays de Galles, qui a déclaré dans le Sunday Telegraph le 10 février « ne pas croire en une société multiculturelle ». L'évêque de Rochester Michael Nazir-Ali, dorigine pakistanaise, critiquait justement en janvier dans le Sunday Times les tentatives daccommodement britanniques vis-à-vis des pratiques dautres religions, comme lappel à la prière pour les musulmans et la prise en compte de la charia dans le code civil du pays ou dans le système bancaire. Il sinquiétait aussi dune des conséquences induites de la déferlante migratoire en Grande-Bretagne : la montée de lextrémisme islamiste qui a créé des zones interdites (no-go areas) pour les non-musulmans. « Lun des résultats de la résurgence mondiale de lidéologie extrémiste islamiste a été de détacher davantage les jeunes de la nation dans laquelle ils avaient grandi et également de transformer des communautés déjà séparées en zones interdites où ladhésion à cette idéologie est devenue une marque de reconnaissance », estimait-il.
Quotidien de FDA