Tout ce que les europhiles décrivent comme bénéficiaires de la globalisation moderne et composants nécessaires du progrès – l’industrie, les affaires, les voyages, la technologie, la science, l’art – est l’apanage de la chape de nantis qui coiffe la société. Le charbon et l’acier appartiennent aux grands producteurs, les affaires se mènent entre compagnies géantes, l’euro facilite les déplacements si l’on a l’argent pour voyager, la science et la technologie sont réservées à ceux qui peuvent s’en servir, même l’art se limite à une fraction de privilégiés doués de talent. Certes, on peut admettre que c’est cette avant-garde qui entraîne les peuples vers un monde meilleur, mais pour le moment, il faut reconnaître qu’elle n’a pas réussi à se faire suivre sur le chemin du bonheur.