Laïcité à la carte pour «certains ou pour beaucoup» ?
Il était une fois une très respectable Ligue des Droits de lHomme, créée dans la foulée de linique condamnation du capitaine Dreyfus par un tribunal militaire se comportant comme un Etat dans lEtat et au dessus des lois ; elle avait pour vocation de défendre lhomme et le citoyen contre larbitraire. Pervertie par lentrisme des nantis trotskistes, saupoudrés dun humanisme de pacotille, elle est devenue entre leurs mains une arme au service dune idéologie dessence totalitaire.
Il était une fois une LICRA, née dans la foulée des pogroms perpétrés en Russie, en Ukraine et en Pologne à peine ressuscitée. Je la croyais, jusquà récemment, immunisée contre les idéologies puisque, ne pouvant la noyauter, le parti communiste stalinien, mobilisant ses compagnons de route et ses idiots utiles, finit par créer de toutes pièces, dans la foulée de lémotion suscitée par la découverte des indicibles crimes nazis, un Mouvement contre le Racisme, lAntisémitisme et pour la Paix (MRAP).
Ce prétendu Mouvement contre le Racisme dont le A ne se prononce plus «antisémitisme» mais désormais «amitié» et le P ne se lit plus «paix» mais désormais «peuples», est avec le régime Nord Coréen de Kim Jong-il et le régime cubain de Fidel Castro, lune des dernières métastases de lempire stalinien. Nen attendant rien dhonnête, le MRAP a au moins le mérite de ne mavoir jamais déçu. Orphelin du totalitarisme stalinien, son actuel leader sest vite consolé de la disparition de son géniteur en se mettant au service dune autre idéologie totalitaire, lislamisme. Que voulez-vous, on ne se refait pas. Au nom du droit à la différence, Mouloud Aounit a le droit dêtre comme il est. Et puis un poste de leader dun business antiraciste, de surcroît subventionné par le contribuable, offre quelques avantages dont le moindre nest pas de favoriser son élection au Conseil Général, voire au Parlement, fonctions qui, en une seule législature, assure une retraite dun montant quun simple prolétaire ne touchera pas au terme dune vie entière de travail. La Nuit du quatre août nest pas encore passée par là.
La LICRA succombe à son tour à la contamination Mrapiste en se faisant lavocat de toute cause identitaire pour peu quelle ne soit pas française ou européenne. Jaurais déjà dû men douter lorsquelle sest acoquinée avec le MRAP dans sa grotesque plainte contre Jean Raspail, lun des plus grands écrivains français vivants, «coupable» de fidélité à son identité française et, plus récemment, dans son soutien à une militante «oummaïste» islamiste pro voile contre linfortunée Fanny Truchelut, naïve citoyenne attachée à la laïcité, cest-à-dire à la loi de la République et à ses valeurs. Il ne reste plus à la LICRA, quà fusionner ou, pour le moins, à se fédérer avec ses deux compères de la partie civile : LDH et MRAP, ardents pourfendeurs de lantisémitisme pour peu quil émane dun européen, si possible dextrême droite. Le MRAP, aux basques duquel la Licra saccroche, est au dessus de tout soupçon. Son président na-t-il pas naguère gagné son procès en diffamation contre son «confrère» de SOS-Racisme coupable davoir dénoncé les cris de «Mort aux Juifs» hurlés derrière la banderole du MRAP ? Pour une fois, je crois que Mouloud Aounit dit vrai en affirmant que ces vociférateurs antisémites venus des «banlieues défavorisées» nétaient pas membres du MRAP. Dont acte. Mais on peut alors se demander qui était diffamé : le MRAP ou les «Jeunes» des «banlieues défavorisées», portant ainsi atteinte à leur posture de discriminés institutionnels ? Quoi quil en soit on peut seulement se demander pourquoi le service dordre musclé du MRAP na pas aussitôt chassé ces trublions et pourquoi le MRAP, si vigilent contre le racisme des «Souchiens», na pas aussitôt déposé plainte contre ces racistes dimportation. Mais comme je lai dit plus haut, je ne me suis jamais fait dillusions sur ce mouvement. Je constate seulement que la LICRA nest pas très regardante sur ses alliances au point den arriver à détranges compromissions.
Je profite de cette évocation pour relever un curieux dénominateur commun à toutes ces organisations précitées qui se disputent ou se partagent le juteux marché bien verrouillé du business antiraciste. Combien de plaintes ont-elles déposées contre les auteurs de propos, actes, écrits, blogs, sites, voire actes de violence et de vandalisme de caractère raciste visant les «souchiens» hommes, femmes ou adolescents ? Ne répondez pas tous à la fois ! A croire quil suffit dêtre originaire doutre Méditerranée pour échapper à toute sanction visant les actes ou propos injurieux et diffamatoires portant atteinte à lhonneur et à la dignité des hommes et des femmes pour lunique raison quils sont les «Autres», les «Différents». Nest-ce pas ça le racisme ?
Mais que peut-on attendre de mieux des idéologues formés à lécole du totalitarisme dont lantiracisme ne serait que le cadet de leurs préoccupations si cela ne leur permettait pas de sériger en commissaires politiques ? Et puis voilà que lun de mes amis, adhérent à la LICRA, menvoie un papier de la section de Neuilly informant le public dun cycle de conférences autour du thème : «Laïcité, Démocratie, république Française, Valeurs et Religions». Constatons dores et déjà que tous ces substantifs ont une initiale majuscule, sauf «république». Mais bon, je ne vais pas jouer au psychologue de bistrot pour une coquille. Je nen conclurai donc pas quà la Licra on manifeste plus de déférence à la Religion quà la «république».
Bien que maîtrisant normalement la langue française, je cherche un décodeur pour maider à traduire en français commun ce texte sibyllin rédigé en Lingua Tertii Imperii. Tout ce qui y semble clair, cest que la première conférence de la section de Neuilly-la Défense de la LICRA, aura lieu le 25 novembre 2008 à 20h15 à la Maison des Associations, salle A, 2 bis, rue du Château, Neuilly-sur-Seine (Entrée gratuite, se renseigner à licraneuillyladefense@noos.fr).
Je vous en livre la note dintroduction telle que je lai sous les yeux.
Le multiculturalisme est désormais présent en France par les migrations intra-européennes, par les migrations extra-européennes au premier titre desquelles les migrations de la Méditerranée. Face à ce multiculturalisme, il est hautement souhaitable déviter deux voies :
- Celles (sic) du communautarisme
- Celles (re-sic) du laïcisme qui exclue (re-re-sic) toute religion et qui ne considère toute personne que comme citoyen et non dans son intégrité dhomme avec ses autres caractéristiques.Lune ou lautre de ces voies conduit soit à la non-reconnaissance de lEtat ou de la Nation par certains, ou beaucoup, soit au fait que certains, ou beaucoup, ne se sentent reconnus ni par lEtat, ni par la Nation.
Jaimerais bien que lauteur de ce texte nous précise qui sont ces mystérieux «certains ou beaucoup» en faveur desquels la République doit retailler la loi de 1905 pour quils nous fassent la faveur de reconnaître notre Etat et notre Nation. Sagirait-il des Vietnamiens ? Des Cambodgiens ? Des Bouddhistes, Des Guaranis ? Des Mexicains ? Des Costaricains ? Ce mutisme de la Licra nous oblige à conclure que ces «certains ou beaucoup» sont innommables ou ineffables. Jallais écrire que là nest pas la question, or je crois que là est toute la question.
Ce qui minterpelle cest la remise en question implicite de notre système laïque instauré à laube du 20e siècle à une époque où les catholiques et les autres religions, auxquels il convient dajouter les libres penseurs, se répartissaient les rôles des «beaucoup» et des «certains». Or tous ces «certains» comme ces «beaucoup», dans leur diversité de croyances et de sensibilités, se sont parfaitement adaptés à la laïcité, telle que définie par la Loi de 1905, dans le respect mutuel, en constatant de surcroît que cette séparation entre le Temporel et le Spirituel sest finalement révélée bénéfique pour tous. «Gagnant, gagnant» en somme. Légalité devant la loi, qui est le dogme dun Etat de droit, jouait en faveur des «certains» comme des «beaucoup».
Or, depuis la seconde moitié du 20e siècle, une «certaine» culture religieuse venue dailleurs, devenue «beaucoup», parce quentre autres, de nombreux «certains» qui, en toute illégalité ont quelque peu forcé notre porte avec la complicité des organisations prétendument antiracistes, se sentent mal à laise dans le cadre de cette loi à laquelle les autres religions se soumettent sans broncher, ce qui nous amène à conclure que la religion de ces «certains ou beaucoup» na rien dune religion comme les autres et quà ce titre, elle exige avec une arrogance qui croît avec leur nombre, avec la pression politique de leur pays dorigine sans oublier celle des hystériques de lantiracisme, un régime légal dérogatoire, cest-à-dire un privilège. Ou, selon leuphémisme de Nicolas Sarkozy, une discrimination positive. La Licra serait-elle chargée par Sarkozy de préparer lopinion publique à la modification de la loi de 1905 ? Quen sera-t-il alors lorsque ce «beaucoup» deviendra la culture majoritaire ?
Pour y répondre, il nest que de voir les pays doù ces «certains devenant beaucoup» nous arrivent. Y existe-t-il une LICRA, un MRAP, une LDH ou autre SOS Racisme pour faire pression sur le gouvernement qui les subventionne, pour que les minorités culturelles, religieuses ou sexuelles puissent se sentir reconnues par lEtat ou la Nation sur un pied de stricte égalité avec la culture dominante et que, par voie de conséquence, ils reconnaissent lEtat et la Nation au sein desquels ils vivent.
Mais devons-nous pour autant discriminer ces «certains ou beaucoup» alors que nombre dentre eux viennent chez nous justement pour échapper au totalitarisme politique, culturel et religieux qui sévit chez eux ? Il nen est nullement question, encore que certains de ces hommes et de ces femmes qui renoncent à leur individualité au profit de leurs communautés, entendent, avec le soutien tapageur dassociations «antiracistes», reproduire dans le pays daccueil le modèle de culture de leur pays dorigine, culture qui, nen déplaise à ceux qui propagent le bobard selon lequel toutes les cultures sont équivalentes, est pourtant en grande partie la cause du sous développement de leurs pays. A titre de comparaison, qui imaginerait que les Allemands ou les Italiens qui fuyaient le national-socialisme ou le fascisme, prétendaient reproduire chez nous, et de surcroît nous les imposer, les caractéristiques idéologiques et culturelles du pays quils fuyaient ?
Le ton de lannonce en question me laisse craindre que je serais poursuivi en tant que «raciste» par la LICRA si je lui rappelle que la laïcité qui repose sur la loi de 1905 constitue la singularité de notre République. En vertu de cette singularité, la République, qui garantit à chaque homme et à chaque femme la liberté de croire ou de ne pas croire en une puissance divine, de pratiquer ou de ne pas pratiquer la religion dans laquelle il est né ou quil sest choisie, ne reconnaît et ne juge que des individus, jamais des communautés culturelles, religieuses ou sexuelles. De surcroît il est désobligeant pour les institutions fondamentales de la République dappeler «laïcisme» ce qui est tout bonnement la laïcité telle quelle découle de la Loi.
Dès lors, les débats annoncés sont biaisés davance puisquils reposent sur la prémisse tendancieuse selon laquelle notre système exclurait toute religion, ignorerait lhomme dans son intégrité et que seule labrogation de la Loi de 1905 ou son «assouplissement» sera le prix à payer à ces «certains ou beaucoup» pour quils daignent reconnaître enfin notre Etat et notre Nation. A condition, bien entendu, de ne plus chanter la Marseillaise.
Mais le véritable problème est ailleurs. La Licra, comme ses homologues ès antiracisme et droits de lhommisme, laisse entendre que nous sommes responsables et coupables de la non intégration des «certains et des beaucoup» parce que nous les rejetons.
Cest là une monstrueuse imposture qui vise à nous inhiber par un complexe de culpabilité. Ce ne son pas nous, les «Hexagonaux» ou «Souchiens» qui rejetons certains «Certains ou Beaucoup». Ceux parmi les «Certains» qui avaient lintention de sintégrer à la Nation y sont parvenus. La vérité est que ce sont les «certains» que le tract de la Licra na pas le courage de désigner, qui nous rejettent catégoriquement.
Influencés, sous couvert de religion, par une idéologie conquérante, intolérante, machiste et exclusive, fondamentalement hostile à toutes les valeurs éthiques et culturelles de lOccident, et disposant en outre de forts soutiens financiers et dun réseau vaste et dense «déducateurs» et «formateurs» venus dailleurs, ils usent de tous les moyens, jusquà la coercition pour «préserver» leur communauté de toute «contamination» par lOccident. Selon eux, lintégration à la Nation exige que ce soient nous, les «Occidentaux», qui devons nous plier à leur culture, à leurs valeurs, à leurs interdits. Ou alors, on ne comprendrait pas pourquoi les autres «certains», comme par exemple limmigration asiatique majoritairement bouddhiste ou parfois chrétienne, ne nous pose aucun problème et ne nous place devant aucun dilemme.
Cest là que le «cycle de conférences» de Neuilly, comme dailleurs du reste, nest quune aimable parlotte de bobos, certes bourrés de bons sentiments, mais «à côté de la plaque».
Dans le principe libéral du «moins dEtat possible», la religion, la tendance sexuelle, lappartenance ou le refus dappartenance à une communauté religieuse ou culturelle, le choix dune compagne ou dun compagnon, dun «hobby» ou encore les préférences culinaires ou les goûts artistiques ou littéraires, ne relèvent simplement pas, et fort heureusement, de la compétence de lEtat ni de la Loi.
Nous ne sommes pas, par exemple, en Algérie où le fait dabjurer la religion dEtat, ou, pour les minorités religieuses, de pratiquer un rite au dehors des lieux strictement assignés par lEtat, est criminalisé. Nous ne sommes pas non plus lArabie saoudite où toute pratique dune religion autre que celle de lEtat, ainsi que le port de tout signe laissant supposer ladhésion à une croyance autre que lislam sont interdits et sévèrement réprimés.
Alors, Mesdames et Messieurs de la LICRA, avant de prétendre laisser une place officielle au «multiculturalisme», cest-à-dire tout bonnement aux communautés venues dailleurs et parfois hostiles, songez plutôt aux hommes et aux femmes qui ont choisi notre pays justement pour se libérer du carcan religieux, culturel et communautaire qui, dans leur pays dorigine, entrave dans leur intégrité, lhomme «avec ses autres caractéristiques». Et surtout la femme (curieusement oubliée dans larticle de foi de la Licra).
Votre «multiculturalisme» de gogos ne sera pour eux quune nouvelle prison implantée sur le territoire de la République française. Un ghetto culturel et idéologique.
Non, Mesdames et Messieurs de la LICRA, dans le contexte mondial actuel, devant le «choc des cultures» (pas du tout équivalentes, ne vous déplaise) auquel le monde est exposé, cest le communautarisme (que vous croyez rejeter en le baptisant «multiculturalisme») qui opprime lhomme et plus singulièrement la femme, et cest la laïcité, fut-elle «laïciste», qui les libère. Mêlez-vous donc de la chasse aux racistes, des vrais et quels quils soient, puisque cest la raison dêtre de votre association, et le contribuable vous subventionne uniquement à cette fin, en vous gardant de classer dans la rubrique «racisme» la simple critique ou même lhostilité envers un système religieux ou idéologique. Ou alors il faudra ouvrir des vastes et nombreux goulags pour y interner tous ceux qui brocardent ou critiquent, impunément jusquà présent, la religion catholique. La remise en cause de la laïcité ne relève pas de votre compétence, mais «au mieux» de votre niaiserie, ou plus vraisemblablement, de votre totale irresponsabilité.
Je sais que dautres pays accordent un statut officiel aux communautés. Les immigrés qui viennent chez nous le savent aussi. Ce fait apporte une solution au dilemme qui tourmente la Licra, de «la non reconnaissance de lEtat ou de la nation par certains, ou beaucoup ; soit au fait que certains, ou beaucoup, ne se sentent reconnus ni par lEtat ni par la Nation» comme vous lécrivez de façon tellement nébuleuse.
Partant du principe que ce nest pas à la Nation ou à lEtat dadapter sa législation à la culture des nouveaux venus, mais que cest à ces derniers quil appartient de sadapter aux valeurs, à la culture, aux normes, aux codes et aux lois du pays daccueil, cela relève du plus élémentaire savoir vivre et tout simplement de la politesse. Au nom aussi de la liberté absolue de conscience à laquelle nous sommes attachés, tant pour nous-mêmes que pour les autres, il est toujours loisible à ceux qui ne sont pas satisfaits de notre système légal, de nos murs et de nos coutumes, daller se fixer dans les pays dont la législation, favorable au multiculturalisme, cest-à-dire au communautarisme, répond mieux à leurs aspirations, étant entendu que toutes les autres personnes, tous les autres «certains» qui viennent légalement pour sadapter et non pour imposer, pour vivre selon nos lois et valeurs et non pour nous soumettre aux leurs, sont les bienvenus et ont pour vocation de devenir citoyens et citoyennes de notre pays. Cest ma seule façon de comprendre et dadmettre la «discrimination positive».
ARTICLE TRANSMIS POUR DIFFUSION PAR LibertyVox