Devant ce rejet, la délégation du Parlement européen, qui devait se rendre au Proche-Orient estime qu'un État tiers n'a pas à s'immiscer dans le choix des élus qui la composent.
La Conférence des présidents du Parlement européen (PE) a annoncé jeudi que ce voyage était « ajourné » à la suite du refus du gouvernement israélien d'accepter que Marine Le Pen participe aux entretiens politiques prévus à Tel-Aviv.
La délégation devait notamment rencontrer à Beyrouth le général Pellegrini, commandant de la Finul, Nabih Berry, président du Parlement, et Fouad Siniora, premier ministre du Liban ; à Tel-Aviv, Ehoud Olmert, premier ministre israélien, et Dalia Itzik, présidente de la Knesset, et à Ramallah Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne.
<intertitre></intertitre>L'État hébreu propose deux groupes distincts
Cependant, mardi dernier, les autorités israéliennes, par la voix de leur ministère des Affaires étrangères, ont fait savoir au Parlement européen « leur refus ferme d'accorder des entretiens politiques ministériels ou parlementaires à une délégation du Parlement européen dont ferait partie un dirigeant du FN, quel qu'il soit. » Ce sont les termes d'un document distribué jeudi à la Conférence des présidents du Parlement européen.
Toujours selon ce document, Elmar Brok (démocrate-chrétien allemand), président de la commission ad hoc, après avoir « réaffirmé les bonnes dispositions du Parlement européen à l'égard d'Israël », a « rappelé que par principe le Parlement ne pouvait accepter qu'un État tiers s'ingère dans la composition d'une délégation parlementaire et a demandé aux autorités israéliennes de reconsidérer leur position. » Le Parlement européen a pris langue avec le Congrès juif européen pour solliciter son entremise. Israël a maintenu sa position et proposé que la délégation soit scindée en deux groupes : l'un, dont ferait partie Marine Le Pen, irait visiter les zones touchées par la guerre, l'autre bénéficierait des rendez-vous politiques.
Israël a aussi proposé que Marine Le Pen soit remplacée par un autre membre non-inscrit du Parlement européen « pour la partie israélienne de la visite. » « M. Brok a indiqué qu'il n'était pas favorable à une telle option », a conclu le document distribué à la Conférence des présidents.
Hier, Marine Le Pen se refusait à commenter l'événement. En revanche, Bruno Gollnisch était intervenu jeudi matin au Parlement européen.
Le délégué général du Front national a rappelé qu'un cas similaire s'était présenté lors d'une visite d'une délégation aux États-Unis dont faisait partie Alain Krivine, refusé par les Américains. Le FN, a-t-il ajouté, « avait été tout à fait d'accord pour considérer qu'il ne revient pas au gouvernement hôte de dire la composition d'une délégation ».
Source : Le figaro.fr
Jean-Marie Le Pen a déploré une décision "contraire aux traditions diplomatiques" et à "la démocratie élémentaire". "En tout cas, le bureau de l'assemblée européenne a réagi avec dignité en rappelant aux Etats en question que ce n'est pas à eux de désigner les membres des délégations", a déclaré le dirigeant du FN sur le site internet de son parti.
Le 20 octobre, Marine Le Pen, membre du Parlement européen depuis 2004, avait déclaré à Reuters que ce voyage devait être l'occasion de "lever un certain nombre de malentendus". Elle avait ajouté ne pas avoir d'hostilité particulière envers l'Etat hébreu.