Létat nation est nécessaire et ne signifie pas un rejet de leurope. A condition, bien sûr, que ce soit une lEurope des nations et non une Europe fédéraliste.
Pourquoi avons-nous besoin d'une Europe des nations ? A la fois pour protéger notre souveraineté nationale et notre indépendance mais aussi pour lutter contre certains maux comme linvasion étrangère à lintérieur, la poussée islamique et limpérialisme américain mondialiste et capitaliste à lextérieur.
Bien sûr que la France a besoin dalliés. Mais doit-elle pour autant abdiquer sa souveraineté ou sa défense nationale pour une défense européenne fédérale ? Rien nest moins sûr ! Noublions pas qu aucun pays nest un ami. A la rigueur avons-nous des alliés. Mais ces alliés sunissent pour des intérêts communs rien de plus.
On peut garder notre liberté et notre indépendance à lintérieur dune nation, sans pour autant se renfermer. Quavons nous fait avant de contraindre les peuples à lEurope fédérale ? Etions-nous renfermés sur nous mêmes ? frileux ? Navons-nous pas entretenu des rapports avec dautres nations, des partenariats, développé une entraide économique ou scientifique mutuelle, une coopération européenne ?
La France nest pas obligée de sen remette à un gouvernement fédéral pour la diriger, gérer ses intérêts, ou décider des grandes orientations à appliquer dans son pays. Elle na pas à remettre en question sa constitution et à provoquer une bérézina juridique (entre autres) pour coller aux diktats européens !
Car si nous sortons du cadre de la nation, nous perdons aussi ce qui fait notre identité, notre unité, notre différence culturelle. Nous faisons exploser toutes les communautés nationales et ce qui fait leur différence.
Pourquoi la nation est-elle nécessaire et utile ?
L'homme étant ce quil est, il nest pas capable duniverselle charité. Son regard sarrête plus volontiers sur ceux quune solidarité plus élémentaire lui désigne plus aisément comme ses frères. Donc, par delà la famille, la nation offre une vision de lhumanité à sa portée, par laquelle il est plus capable de ressentir un sentiment damitié en même temps que loccasion de déployer plus réellement une charité plus efficace.
Ensuite, les hommes sont en manque dunité. Ils souffrent de discorde, ils aspirent à la tranquillité de lordre qui est la paix et qui ne peut naître que du sentiment intérieur de leur unité. Ce sentiment est possible avec le cadre de la nation. Ce qui signifie que les hommes sont peut-être incapables de sunir par très grande masses sans perdre leur identité.
Doù le rôle de la nation, principe dunité par définition circonscrit à une communauté de personnes qui partage les mêmes lois, la même culture, des traditions et la volonté dévoluer ensemble, à leur rythme. Même si la nation est uvre humaine dans lequel les citoyens passent un contrat social et moral, cest la seule forme politique qui puisse garantir la meilleure paix possible.
Un homme est comme un arbre, il ne pousse que sil a des racines, il est comme une vigne dont le vin na de caractère que par celui du terroir où elle pousse. Le sentiment dappartenance nationale permet aux hommes de se reconnaître dans quelque chose qui les dépasse : étant fiers de leur pays, ils sennoblissent en tout ce que leurs concitoyens ont pu faire de noble.
Enfin, lidée nationale peut rendre les hommes meilleurs. Cela ne veut pas dire que les nations sont nécessairement justes par nature mais elles nen sont pas moins facteur de progrès moral du simple fait que lamour quil peut éprouver pour sa patrie porte lindividu à sortir de soi, à ne plus voir le monde au travers du sein, à ne plus raisonner dans les termes de son égoïsme et de ses désirs particuliers. Or cette transcendance de soi par rapport à soi, cest lacte anthropogène par excellence, cest celui par lequel lhomme se détache de
Cest la nécessité de sunir avecses concitoyens qui constitue la nation. Par nature, la nation se fédère, elle est la forme composée qui donne aux relations équitables le plus de garanties. Elle constitue un faisceau de relations protégées contre les égoïsmes intérieurs et les empiètements extérieurs. Elle est le moyen terme connu contre tous les excès. Contre le danger de la réduction et celui de la dispersion.
Il ne faut pas dépouiller la France de ses prérogatives. Toutes les utopies actuelles selon lesquelles une Europe fédérale pourrait faire mieux que létat nation ne sont rien dautres que des utopies. Et pour linstant, les faits sont contraires aux avantages que certains nous promettaient. Or si lon juge un arbre à ses fruits, aujourdhui rien ne peut nous amener à trouver que lidée nationale est dépassée ou inutile.
Rejeter la nation cest accepter un nivellement par le bas : il ny a plus de cultures différentes, mais un multiculturalisme, il ny a plus à défendre des traditions françaises puisque ces dernières en valent dautres, il ny a plus à défendre une langue française puisque celle-ci est noyée dans lutilisation forcé de langlais, comme langue européenne prédominante. Il ny a plus de raison de défendre un modèle français ou de retenir nos contribuables en France, puisque le régionalisme et le communautarisme deviennent la règle acceptée et encouragée par les institutions européennes.
Alors ne lâchons pas la proie pour lombre ..
moi