Marine Le Pen, vice-présidente du Front National a répondu aux questions de Delphine Byrka pour Paris-Match, lors d'un entretien publié dans le numéro 2976 publié le 1er juin 2006.
PM : A un an de la présidentielle, croyez-vous que la France est prête à porter une nouvelle fois Jean-Marie Le Pen au second tour ?
MLP : En votant non au référendum, les Français ont pour la première fois tiré le bilan des trente dernières années de politique. La parole s'est libérée et les lignes de fracture droite-gauche ont explosé : le non massif a provoqué un mouvement irréversible de tectonique des plaques politiques. Tous les tremblements de terre ne provoquent pas des tsunamis. Certains peuvent accoucher aussi de montagnes. Aujourd'hui les électeurs du Front National osent dire clairement qu'ils ont voté ou qu'ils voteront Front National.
Vous voulez dire que, désormais, les électeurs français assument sans complexe un vote extrême de contestation ?
Votez Front National aujourd'hui, ce n'est pas faire acte de rébellion ou de défiance envers la classe politique traditionnelle, c'est défendre une certaine idée d'une France protectrice face aux enjeux de la mondialisation. notre électorat ne se compose plus uniquement des Français accidentés de la vie et abandonnés au bord de la route par les gouvernements successifs. Aujourd'hui nous fédérons aussi bien de jeunes mères de famille actives que des cadres diplômés.
Nicolas Sarkozy fait de l'immigration choisie son nouveau cheval de bataille éléctoral. Ne craignez-vous pas qu'il capte une partie des voix acquises au Front National sur ce thème ?
Sarkozy est en train, tout simplement, de crédibiliser nos positions... Plus il tente de s'approprier le thème de l'immigration, plus il nous envoie des électeurs ! Cela fait trente ans que nous nous faisons insulter pour oser dire tout haut ce que le président de l'UMP feint de découvrir aujourd'hui : un problème majeur.
Doit-on s'attendre à une surenchère du Front National sur ce thème pendant la campagne ?
Le Front National, ce n'est pas le bateau ivre de l'UMP, on ne change pas de cap au gré des sondages. Le programme s'articulera autour des deux pivots de notre campagne sur le non à la Constitution : la Nation face à la mondialisation et la République face au communautarisme.
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« Nous jurons de lutter jusqu'à la renaissance de notre patrie et le redressement de notre peuple. »
Jean-Marie Le Pen