ÇA MARCHE Internet ? » crie Marine Le Pen, en hissant la tête au-dessus des cartons. La question résonne dans les 1 800 m 2 du bâtiment encore désert. En tenue décontractée, la vice-présidente du Front national est souriante. Aujourdhui, la tête nest pas aux difficultés financières du parti, consécutives à ses échecs à la présidentielle et aux législatives de 2007, qui ont amené le FN à quitter le Paquebot, son siège historique de Saint-Cloud. Elle explique : « Ce changement de lieu, cest aussi un changement dépoque. Les cadres et les salariés sont heureux de venir travailler dans un endroit plus fonctionnel. » Le déménagement a été retardé plusieurs fois. Certains y ont vu une stratégie pour arriver sur la pointe des pieds. Marine Le Pen sen défend : « Il fallait faire des travaux, cest tout. » De là à dire que les choses se sont passées sans accrocs
« Nous présenterons une liste aux prochaines municipales »
Au printemps dernier, la mairie communiste de Nanterre a lancé une pétition et organisé une manifestation contre larrivée du FN. Avec laisance oratoire de son père, Marine Le Pen balaie ces péripéties : « Lagitation de la municipalité, on sen moque. Les Nanterriens nont même pas suivi
Il nétait pas question de choisir notre lieu dinstallation en fonction de la couleur politique dune ville dont on sait quelle peut changer rapidement. Nous présenterons dailleurs une liste aux prochaines municipales. » Aujourdhui, la mairie a maintenu sa position dans un communiqué sobre, répétant que le FN « nest pas le bienvenu ».
Les habitants de la rue des Suisses, eux, sont partagés, mais toujours très loin de la célèbre neutralité helvétique. Maria, 43 ans, est installée en face du nouveau siège du parti. La perspective dapercevoir un jour Jean-Marie Le Pen par sa fenêtre lui plaît : « Il a de bonnes idées. Avec lui, les gens vont se tenir à carreau. » Philippe, qui boit son café au lait quelques mètres plus loin, debout, dans le jardin, ne voit pas les choses de cet oeil. Il se désole : « Jai vu la rue changer. Avant, il y avait le consulat du Maroc et des voitures en double file. Cétait moins grave quun parti mal garé
» Il termine : « Si je croise Jean-Marie Le Pen dans la rue et quil me tend la main, je serai embêté
»
Marine Le Pen nen perd pas le sourire. Elle glisse : « Nous sommes de bons voisins, polis, aimables, respectueux
Ceux qui pourraient avoir des a priori sen rendront rapidement compte. »
Le Parisien
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