| Lettre ouverte à Mme Kolasinac, prof à Ingersheim |
| 24-05-2007 |
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Venant dêtre saisi par de nombreux parents délèves, je tiens par la présente, à réagir au texte intitulé « Un ptit beur en or » . En effet, vous avez donné à étudier ce document à des élèves de 4ème. Lécole est, me semble t-il, censée être totalement apolitique. Or, à travers ce texte, vous nous apportez clairement la preuve du contraire.
Tout dabord, je suis choqué du niveau de qualité littéraire de ce texte. Comment peut-on présenter un texte dun si mauvais français précisément en cours de français ? Georges Louis Leclerc, comte de Buffon, avait écrit « Ceux qui écrivent comme il parlent, quoiquils parlent très bien, écrivent mal ». Il faut croire que lauteur de votre texte doit avoir à la fois des problèmes délocution et décriture ! Dailleurs qui est lauteur de ce texte ?!!! Comment peut-on remettre à des élèves un texte à étudier, sans en mentionner lauteur ?
Je vous cite quelques exemples marquants : « ptit beur », « chialer », « taurais pu », « fais voir un peu », « jtai vue », et jen passe et des meilleures. Je ne vois pas comment on peut préparer les jeunes à une réelle autonomie dexpression avec un tel enseignement ! En classe de 4ème, les élèves sont encore en formation à la langue française mais commencent également à étudier la littérature. Ce texte relève t-il dune quelconque uvre littéraire primée par lAcadémie Française ? Pourquoi avoir abandonné cet enseignement riche et intelligent que nous avions la chance de recevoir il y a encore quelques années ? Je peux vous citer par exemple des poètes tels que Jacques Prévert ou Louis Aragon, des romanciers tels que Antoine de Saint-Exupéry ou Camus, des auteurs de théâtres tels que Molière ou Corneille. Lire et étudier de tels auteurs serait la meilleure formation à la langue française. Ensuite vient cette honteuse manière de parler de Jeanne dArc, grande référence dans lhistoire de France. Dans ce texte, elle est tout bonnement réduite au rand de pucelle raciste. Il y a ici triple insulte : insulte envers la chrétienté, insulte à légard dune femme et insulte envers lhistoire de la France. Pour preuve, je vous cite le texte : « Dis, Jeanne, entre nous, cest vrai que tes restée pucelle ? », « Taimais pas les étrangers, alors ? Et les Arabes, quest-ce que ten penses ? ». La plupart des phrases relève dun langage courant, vulgaire, habituellement utilisé dans les banlieues. Je ne pense que ce type de vocabulaire soit enseigné dans vos cours de français. Quelle image de la société française transmettez-vous au travers de ce document qui napporte aucune culture pour ces jeunes, aucune richesse de langage ? Enfin, et cest le point le plus scandaleux, ce texte se termine par des propos que lon peut qualifier de diffamatoires envers un grand parti français démocratique, quest le Front National, ainsi que son président, Jean-Marie Le Pen. En effet, le texte assimile les « crânes rasés, treillis, insignes nazis tatoués sur les bras, rangers, matraques » et « les skins » au Front National et à Jean-Marie Le Pen. Ce qui est totalement FAUX !!! Etant le président du groupe FN au Conseil Régional dAlsace, élu du Front National depuis 1998, père de 6 enfants, chef dentreprise, je suis révolté de voir que des « prétendus intellectuels » puissent produire ce genre dimmondices. Je suis encore plus révolté de voir quune professeur de français puisse utiliser les enfants qui lui sont confiés pour organiser une propagande politique. A nom des parents délèves qui mont saisi, je vous demande de retirer ce texte et de permettre à vos élèves de travailler sur des textes enrichissants dun point de vue littéraire, culturel et historique. Je vous suggère donc détudier un admirable ouvrage : « Un sac de billes » de Joseph Joffo. Vous y trouverez matière pour engager une véritable réflexion. En demandant à vos élèves de travailler sur un texte aussi minable que celui que vous leur avez fourni, on peut réellement se demander si votre souhait est denseigner le français ou de faire de la propagande Recevez, Madame Kolasinac, lexpression de mes tristes salutations, Patrick BINDER |