Les « sommets » de G5, G7, G15 et autres aréopages apparaissent doncd comme fantasmagoriques puisque leurs ordres du jour établis par Sarkozy et sous contrôle de lUnion européenne parlent de « soutenir les banques », « être au chevet des banques », faire front commun et en appellent à lUnion sacrée nationale et lUnion des Pays de lUE face à la crise.
De deux choses lune, soit les banques françaises sont en très grave danger, soit tout cela relève dun cinéma subliminal et dune propagande européiste pré-électorale.
Les tenants de la première hypothèse invoquent lidée que les banques ne se feraient plus confiance de peur de la chute de lune delles avec effet « domino », et ainsi ne se prêteraient plus dargent entre elles, et que ce blocage mettrait en péril laccès des entreprises et des particuliers au crédit.
Le temps dessuyer une larme, force est de constater que les banques nont pas attendu la crise pour durcir considérablement leurs accès aux crédits. Et pas seulement, la simple ouverture dun compte bancaire devient lobjet dune suspicion et dun marathon pour une PME, et si son CA nest pas jugé suffisant pour le standing exigé, certaines banques radient la PME doffice. Autre exemple : une petite PME a eu des difficultés passagères au point que son CA sest trouvé inférieur au capital enregistré. Le simple fichage davertissement à la Banque de France entrave la PME dans son ouverture dun 2e compte bancaire alors même que la situation de son CA sest régularisée entre-temps. Quimporte, les banques vous enfoncent la tête sous leau, même en bonne santé, et sont les premières à vous achever.
Et que dire de leur attitude dans les cas de crédits relais pénalisés par les problèmes immobiliers ? Sont-elles solidaires de leurs clients dans la crise immobilière ? NON !
Et demain, que se passera t-il pour tous les épargnants qui voudront revendre des SICAV et qui découvriront létendue des dégâts et des mauvais placements bancaires en bourse ? Seront-ils dédommagés ? Ou les banques invoqueront-elles la « clause » de solidarité face à la crise et la Loi, une de plus, quun Gouvernement imbécile sapprête à faire voter ?
Les Gouvernements demandent aux Français dêtre solidaires avec les pauvres. Soit. Ces demandes se sont tellement répétées que les taxes afférentes à cette solidarité ont souvent été détournées de leur objectif humanitaire pour remplir dautres tonneaux sans fin de gouvernements incapables mais toujours impunis pénalement.
Avec le RSA on nous demande de nouveaux efforts, quitte à aggraver le déficit du budget, à faire couler la barque et à enfoncer la France dans un assistanat gravissime. Mais que dans le même temps on demande aux Français dêtre solidaires avec leurs banques alors que celles-ci ne sont même pas, selon leurs dires, en péril, ALORS CEST NON !
Quon demande aux Français dêtre solidaires avec les banques alors que le Président de lAssemblée nationale plaide pour une amnistie fiscale pour les seuls « expatriés », cest-à-dire les richissimes resquilleurs du show bizz et les patrons voyous délocalisateurs pendant que des PME-PMI crèvent dans un silence assourdissant, ALORS CEST NON !
Et quand bien même le ferait-on que nous serions grugés deux fois : une pour une nationalisation mutualisée qui ne dit pas son nom et une autre pour la revente en vue de re-privatiser puisque dans le cas miraculeux où les contribuables retrouveraient leurs sous ils ne toucheraient ni dédommagements ni encore moins de pourcentage sur la plus-value obtenue grace à cette revente. Leur contribution au redressement dentreprises publiques, même temporaires, puis privatisées, ne serait absolument pas mise au bénéfice du comportement dit-« citoyen » !!! « Ah non, Monsieur, on ne spécule pas sur le dos de la France », nous dirait-on !!! Mais où ira largent, nul ne le dira Cest linterventionnisme qui spécule !
Et bien cest pour cette même raison que les banques doivent apprendre à se débrouiller et elles le font déjà avec nos économies ; quelles considèrent cela comme une responsabilité en préalable et non comme un dû ! Aider les Français OUI, les banques NON !
Enfin, que les porte-flingues de Sarkozy à Bercy arrêtent de prendre les citoyens pour des imbéciles. On nous a déjà promis dautres lunes durant des lustres, par exemple que les Autoroutes amorties deviendraient bientôt gratuites pour les usagers ; à qui fera t- on croire aujourdhui que les banques ne se prêtent plus mutuellement et quà ce seul motif elles ne pourraient plus faire bientôt crédit aux particuliers, et donc que ceux-ci auraient tout bénéfice à se mobiliser pour les aider ???
Ce simple argument est obscène ! Les banques affichent partout leurs pubs dans les rues et à la télé où elles sont, avec les assurances et les mutuelles (des « amies » ), les plus gros demandeurs despaces publicitaires après les marques de voitures. Leurs pubs ont-elles diminué ???
La réalité de ces regards et silences en « chiens de faïence » est que certaines attendent avec avidité que dautres banques fléchissent ou trébuchent pour mieux les racheter, on vient de le voir avec la BNP-Paribas et Dexia, et faire ainsi une excellente affaire sous couvert dassistance à « concurrent en danger » ! Dautres profitent de la crise pour fusionner sans émouvoir la Commission européenne, comme la Caisse dEpargne et la Banque populaire. Nous ne sommes pas dans lanti- chambre de la disette, encore moins de la banqueroute mais bien dans un salon feutré où ces établissements JOUENT AU POKER-MENTEUR, un point cest tout !
La crise financière est née de la spéculation la plus débridée et elle enfante un monstre encore plus froid avec le parrainage bienveillant des Gouvernements et de lEurope. Car il faut bien sauver le capitalisme !
Soit Sarkozy va au secours dun Système qui a joué et qui pleurniche parce quil perd. Soit les banques françaises profitent de la crise avec la bénédiction complice du Gouvernement car cest loccasion de plumer des pigeons et de faire oublier dautres problêmes. Sarkozy est gagnant de toute façon et il redore son blason entre autres primes.
Les contribuables ont pris leurs risques en votant et en payant. Et le prix est de plus en plus cher. Si la crise frappe bel et bien la France, que les banques prennent alors leurs risques aussi, car les gesticulations de Sarkozy contre les parachutes dorés ne sauraient viser les seuls grands patrons profiteurs et indélicats dun côté, et absoudre les holdings et trusts bancaires de lautre. Cest en effet ni plus ni moins quun vaste parachute bien doré que le Président de la République nous impose actuellement au profit de ses amis.
Franck TIMMERMANS