En réponse aux virulentes critiques de certaines personnes prétendant que Marine Le Pen s'attaquait au bilinguisme régional, celle-ci a envoyé une mise au point à Novopress que je publie ci-après :
« Vive la Gaule ! Par Toutatis ! »
Amis nationalistes : ne succombez pas au piège de nos adversaires mondialistes
Lors de lémission Riposte sur TV5, jai déploré, dans une région chère à mon cur, la Bretagne que, dans la foulée de la traduction des noms de lieux ou de villes en langue régionale, ce que je ne contestais pas, lon ait vu apparaître un bilinguisme systématique dans la signalétique routière générale (« toutes directions », « zone artisanale »), ce quen revanche, je combats.
Certains amis y ont vu matière à ouvrir un débat que je ne voudrai pas esquiver compte tenu de son importance et de lindéfectible estime militante que je leur porte.
La tendresse que nous avons tous pour les cultures régionales ne doit pas nous faire perdre de vue les exigences du rétablissement de la Nation française et donc du maintien absolu du français comme seule langue officielle de lEtat.
Dans mon esprit, que cela soit clair, cet attachement à lunité linguistique de notre pays ninterdit en rien lenseignement facultatif à lécole ou naturellement lapprentissage dans le cadre familial de langues régionales dont je souhaite ardemment la préservation.
Chacun dentre nous, en effet, entretient dans sa sphère privée des affections particulières pour une religion, une région ou toute autre identité spécifique. Ces affections particulières sont naturelles et respectables mais ne doivent à aucun moment nous faire perdre de vue notre devoir de prémunir notre peuple de tout risque de désunion culturelle ou territoriale.
Comme défenseur de la Nation, hostile au principe même de lEurope des régions, je ne peux me résoudre à prendre comme modèle institutionnel lEspagne déchirée par les séparatismes, la Grande-Bretagne communautarisée ou comme modèle politique la Ligue du Nord et son curieux projet de Padanie.
Nos adversaires nignorent pas que la langue est un des ciments de la Nation. Ce nest pas un hasard si les mondialistes veulent généraliser langlais pour nos élites et si les Européistes tentent dimposer aux Etats-nations la charte des langues régionales pour les peuples.
En outre, ne nous y trompons pas. Ce ne sont pas tant les langues vernaculaires ou les cultures régionales que défendent les internationalistes de tout poil, ce sont les langues et les cultures minoritaires. Cette situation nouvelle, issue du contexte de la mondialisation, nous sépare dailleurs fondamentalement des aspirations au régionalisme qui ont pu, dans un passé déjà lointain, sexprimer dans notre famille de pensée.
A lévidence, ce serait faire preuve dun angélisme coupable que doublier lobjectif de nos adversaires de détruire les nations pour asseoir la victoire du projet mondialiste. Le bilinguisme régional dans les provinces justifiera demain la signalétique en arabe en Seine-St-Denis et dans les quartiers pour mieux légitimer et installer demain une France en peau de léopard.
Sauf à adopter une conception communautariste dinspiration anglo-américaine qui verrait le triomphe des minorités religieuses, ethniques voire tribales, lEtat ne doit utiliser quune langue officielle sur tout le territoire national. Cest dailleurs cette exigence historique et institutionnelle qui a jusquà présent préservé notre pays des tentations extérieures, et parfois malheureusement intérieures, de dislocation culturelle et territoriale.
Vouloir contrevenir à ce principe dunité linguistique ne peut quouvrir la voie à la libanisation de notre pays, à léclatement de la Nation française et donc à détruire notre capacité de résistance. Cest pourquoi jy suis résolument opposée.
Cest le débat qui nous opposera aux communautarismes, affichés ou non, notamment de lUMP et du PS, lors de cette élection présidentielle.
Linutile agressivité exprimée par Alsace dabord dans ce débat est symptomatique, puisque ce mouvement régionaliste pro-européen prône lémergence de régions européennes au détriment de la Nation française.
Cordialement.
Marine LE PEN