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Blog sur la politique, sur le front national et l'actualité.

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"Régression morale" et "perversité intellectuelle"

« Régression morale », « perversité intellectuelle »

Le parquet général de la Cour d'Appel de Lyon a requis jeudi à l’encontre de Bruno Gollnisch la confirmation des trois mois de prison avec sursis et des 5.000 euros d'amende infligés – auxquels il faut ajouter la somme de 55.000 euros de dommages et intérêts aux différentes associations qui s’étaient portées partie civiles, du type Mrap et SOS racisme –, au motif proprement sidérant de « contestation de crimes contre l'humanité ». A la genèse de cette affaire, la conférence de presse tenue par le dirigeant frontiste le 11 octobre 2004 où, interrogé par un journaliste sur les horreurs du second conflit mondial, il avait déclaré qu’il « ne (niait) pas les chambres à gaz homicides », qu’il « ne (remettait) pas en cause les déportations » ni « les millions de morts » des camps nazis. Mais il s’était aussi prononcé en faveur de la liberté de recherche historique et critiqué la loi Fabius-Gayssot, aujourd’hui très largement contestée par des intellectuels venus de tous les horizons politiques. Lors de l'audience, son avocat, Me Wallerand de Saint-Just, a plaidé la relaxe et démontré que Bruno Gollnisch est poursuivi sur la base de propos « tronqués et modifiés », soulignant le règne du « deux poids deux mesures » dans cette affaire. Si la Cour a mis sa décision en délibéré au 28 février 2008, la réquisition de l’avocat général a d’ores et déjà fait réagir Bruno Gollnisch qui nous a confié sa « tristesse » devant « la régression morale », « la perversité intellectuelle » ambiante. « La seule chose qu’on peut réellement me reprocher est d’avoir critiqué le Tribunal de Nuremberg, au sein duquel siégeaient les représentants de la sanglante dictature stalinienne, critique qui existe pourtant dans les livres d’histoire ». Ce qui vaut à Bruno Gollnisch cet acharnement judiciaire, accusé incroyablement de « minoration abusive » des atrocités subies par les Européens de confession juive sous le régime nazi.

« Méfions nous du délit de sale gueule »

Dans son livre récent, « J’ai le droit de tout dire », Philipe Bilger, avocat général à la Cour d’Appel de Paris, que l’on aura du mal à faire passer pour un dangereux extrémiste, s’attarde sur cette affaire. « A analyser de près les propos incriminés de Bruno Gollnisch, écrit-il, en les retirant de la bouche de celui-ci pour les imaginer proférés par n’importe quel quidam qui s’intéresserait un peu à l’histoire, on aurait tendance à les qualifier de banalités tant ils semblent énoncer des évidences. Absence de négation des chambres à gaz homicides. Il n’est pas spécialisé et préfère laisser les historiens débattre. Obligation d’une discussion libre. Y-a-t-il de quoi, dans ces trois concepts, alerter la conscience morale et le sens civique, l’ire judiciaire et la réprobation médiatique ? Sauf à interdire qu’une discussion vienne parasiter l’essentiel de la tragédie, sauf à dénier à quiconque l’exercice de toute faculté critique au sujet d’une période qui doit demeurer hermétiquement close ». « A mon sens (…), poursuit Philipe Bilger, Bruno Gollnisch (…) a raison de dénoncer « une grave dérive de la pensée » et une « défaite de la liberté d’expression ». « Méfions nous du délit de sale gueule en matière de liberté d’expression », poursuit le magistrat qui dénonce une « immense chape de plomb lourde ou soyeuse qui censure, interdit promulgue ou impose », « une présomption de parole malfaisante et maléfique à l’encontre de quelques uns », de « Bruno Gollnisch » à « Christian Vanneste », de « Jean-Marie Le Pen » à « Alain Finkielkraut », en passant par « Dieudonné » ou encore « Georges Frêche ».
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