Le président Nicolas Sarkozy n'a pas réalisé à ce jour de "rupture", en dehors des positions françaises quant à l'Europe et aux Etats-Unis, a estimé jeudi le président du FN Jean-Marie Le Pen.
"Il ne semble pas s'engager franchement dans les réformes qu'il avait promises (hormis) deux changements fondamentaux, en direction de l'Amérique de Bush et en direction de l'Europe de Bruxelles", a déclaré M. Le Pen, interrogé par l'AFP sur son analyse des cent premiers jours de la présidence Sarkozy.
Le patron du FN voit dans la relance d'un traité européen "la remise en route, par un biais parlementaire, d'une opération qui aurait dû être caduque", après le référendum de mai 2005 et le "non" des Français au projet de Constitution.
Revenant également sur le choix des Etats-Unis comme destination de vacances de Nicolas Sarkozy, M. Le Pen a souligné que cette décision "impliquait évidemment une invitation du président" américain George W. Bush.
M. Le Pen s'est dit "sûr" que la rencontre des deux chefs d'Etats impliquait une inflexion de la position française quant à la guerre en Irak.
"Tout cela me paraît marquer un retournement assez spectaculaire de la politique étrangère de la France", a-t-il déploré: "avec Sarkozy, la France rentre dans le rang. Elle rentre dans le camp atlantique".
"Pour le reste, on ne voit pas de rupture", a-t-il poursuivi, soulignant "l'effondrement constant de notre balance commerciale" et "notre très médiocre croissance".
Selon Jean-Marie Le Pen, Nicolas Sarkozy "se tourne dans la bonne direction, fait quelques pas et généralement s'arrête".
"On ne peut pas exiger que tout soit mis en route au bout de trois mois", a-t-il toutefois souligné: "C'est plutôt à la fin de l'année que se fera ce bilan."