Mardi 29 mai, 15 heures. Nous sommes à Montigny, lune des douze communes de la 14e circonscription du Pas-de-Calais, en fait, la continuité du bassin minier du Nord, habité par une population dévastée par les difficultés économiques. Deux mille emplois ont été supprimés depuis cinq ans, entre autres chez Metaleurop, Faurecia, Samsonite ou Sublistatic. « Cest particulièrement symbolique de tous les problèmes qui frappent notre pays : chômage, immigration, insécurité et lEurope », explique-t-on.
« Dans cette rue, nous aurons au moins de 90 % des voix dès le premier tour
», lance, souriante, Marine Le Pen, candidate du Front national dans cette circonscription. Elle parle ainsi avec assurance à son suppléant Steeve Briois, responsable départemental du FN. Comme tous les jours, depuis quelle sest engagée dans la campagne législative, la blonde silhouette, en jeans, arpente les rues et fait du porte à porte.
Portes qui souvrent les unes après les autres. Ici, les regards ne sont pas indifférents et laccueil est plutôt chaleureux. « Bonjour, Marine », « Nous vous avons vue à la télé », « Oh
vous êtes venue chez nous ? » La vice-présidente du Front national, qui est venue bousculer le jeu politique local, trouve les phrases qui plaisent : « Nous allons donner un coup de pied dans la fourmilière. Connaissez-vous votre député ? Vous ne lavez jamais vu
Vous avez besoin dune avocate combattante pour les grands changements, et je vais me battre pour vous. »
Le député socialiste sortant Albert Facon sinsurge : « Comment
On ne me voit jamais ? Quand jy vais avec mes gars, les gens me reconnaissent et me disent Salut Albert
Je me suis beaucoup bagarré en tant que député pour cette circonscription. Jai dû même, comme député, faire pression sur Borloo pour quil nous donne 40 millions aux mêmes conditions que Valenciennes pour retaper les maisons. » Au siège du Parti socialiste à Courrières, commune avoisinante, il ironise devant les journalistes sur la venue de la directrice stratégique de la campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen. « Elle repartira à Paris, le soir du premier tour
et elle ne reviendra plus à la prochaine législative car il ny a pas de 15e circonscription, sinon de lautre côté de la frontière, en Belgique ! ».
De lautre côté de la rue à Montigny, trois jeunes Beurs, coiffés de casquettes ou de capuches, linterpellent par surprise : « Madame ! Nous pouvons vous dire quelque chose ? Vous êtes plus belle quà la télévision ! ».
source : Le point.fr