Manuel Aeschlimann et son épouse
Après la nuit démeutes dans les quartiers nord dAsnières (Hauts-de-Seine) pour la fête du 14 juillet, lors de laquelle une cinquantaine de « jeunes » se sont affrontés aux forces de lordre pendant plusieurs heures, à laide de pierres, de boulons, et de fusées de détresse, occasionnant plusieurs blessés parmi les policiers, dont un commissaire touché à un il, cest la politique ultra communautariste de lancienne équipe municipale UMP et ses conséquences néfastes qui sont pointées du doigt. Avec en filigrane, le rôle plus ou moins discernable des « grands frères », chargés par léquipe dAeschlimann, jusquen mars dernier, de contrôler les cités et damener des suffrages électoraux supplémentaires à la défunte majorité. Parmi eux : un certain Zouhair Ech-Chetouani.
Totalement dépassé par les événements, pétri de convictions angéliques bien-pensantes, le jeune maire dAsnières, le socialiste Sébastien Pietrasanta, sest limité à demander linterdiction à la vente dengins pyrotechniques aux particuliers. Immédiatement, des affiches vengeresses, collées par une équipe de militants de lUMP ont fait leur apparition sur tous les panneaux de la ville : « Pietrasanta = insécurité ! » Une accusation destinée à faire comprendre que plus rien ni personne ne peut contrôler les cités de la commune depuis léchec électoral de lex-majorité UMP. Une accusation destinée aussi à cacher les responsabilités évidentes de lancienne équipe municipale.
Le sarkommunautarisme asnièrois
Pour comprendre le déchaînement de violences du 14 juillet à Asnières, il faut rappeler la politique très spécifique qui y a été menée depuis 2001 par léquipe de lUMP Manuel Aeschlimann.
Envoyé dans lopposition aux dernières municipales, à la faveur dune alliance hétéroclite gauche/centre-droit, lancien maire de la ville, toujours député, est un homme de missions à défaut den être un de convictions. Sa mission sur Asnières en 2001-2008 : en faire un bastion du sarkozysme et un laboratoire de la politique ethno-religio-communautariste de lactuel président de la République. Il a longtemps été léminence grise de Nicolas Sarkozy en matière danalyses dopinions à lIntérieur, et cest lui aussi qui fut chargé par le président de lUMP dempêcher Jean-Marie Le Pen davoir ses 500 parrainages pour la Présidentielle de 2007. Avec sa politique très particulière en direction des Asniérois, Aeschlimann a réussi à faire ce que daucuns nauraient osé : se coller absolument tout le monde à dos en privilégiant un traitement différencié du citoyen, perçu comme une « cible » marketing, à savoir quun discours différent est tenu selon lappartenance ethnique, religieuse, lâge, le sexe, etc.
Lors de son dernier mandat, Aeschlimann a joué sur les communautarismes, tous les communautarismes. Un « Conseil des communautés », chargé de gérer « une cinquantaine de nationalités et dethnies diverses », fonctionnait même depuis mars 2003. Cest Marie-Dominique Aeschlimann, la propre épouse du maire, adjointe déléguée aux « communautés religieuses et étrangères » et conseillère régionale dIle-de-France, qui en était linspiratrice. Antillaise dorigine, elle fut proche du socialiste Daniel Vaillant avant de rejoindre la droite chiraquienne, plus pour raisons sentimentales que par convictions. Et depuis 2002, Aeschlimann et son équipe nont pas démérité en matière de « discrimination positive » et de petits cadeaux démagogiques en direction des mahométans locaux, qui nen demandaient certainement pas tant. En témoigne la fulgurante promotion de Francis (Ramine) Pourbagher, directeur de cabinet dorigine iranienne et assistant parlementaire de Manuel Aeschlimann. Une émission, diffusée le 4 août 2005 présentait cet ancien président de la Chambre de commerce France-Iran comme un patriote iranien, donné en exemple à la jeunesse islamique. Elle mettait même en évidence la connivence étroite qui le lie à la République islamique dIran et la mise à disposition pour lambassade et du centre culturel iraniens de moyens municipaux asniérois (techniciens, locaux ). Pourbagher sétait un temps présenté comme le successeur dAeschlimann, nhésitant pas à exhiber sa docile épouse (dorigine française) affublée du voile islamique. Depuis, il est tombé en disgrâce non sans avoir fait des émules comme au sein du collectif « Ni proxos ni machos » qui sest constitué à Asnières en 2002 en réaction aux « Ni putes ni soumises ». Un collectif bien implanté au cur même des quartiers nord qui ont explosé dans la nuit du 14 juillet.
Un petit caïd prénommé Zouhair
Son fondateur et porte-parole, Zouhair Ech-Chetouani, ex-médiateur municipal est une véritable vedette des quartiers Nord (AFP, 2 mars 2003, Politis, 10 avril 2004 & asnierois.org, 7 mars 2006). Grâce à Pourbagher, Zouhair Ech-Chetouani, a été promu « coordinateur de prévention » (sic !) sur la ville, aux frais du contribuable, sous Aeschlimann. Co-signataire de lappel anticolonialiste des Indigènes de la République, son groupe sest rapproché de Banlieues Respect dont lun des porte-parole est lAsniérois Rachid Nekkaz. Chetouani a même été reçu à Matignon lors des émeutes de novembre 2005. « On veut éviter toute surenchère sécuritaire », lançait-il, au lendemain de ces émeutes urbaines (Libération, Samedi 12 novembre 2005) près de la tour Eiffel, où trois cents personnes sétaient réunies à lappel de Banlieues Respects pour rehausser médiatiquement limage des cités. Et cest aussi un militant musulman à ses heures : lors de laffaire de la construction de la mosquée dAsnières à la place dune vieille église, Chetouani sétonna ouvertement quon puisse « voter contre les financements dassociations cultuelles musulmanes ». Tout comme il sengagea dans la défense de certaines personnes licenciées par Aéroport de Paris à Roissy car soupçonnées dislamisme.
Sébastien Pietrasanta le présentait même sur son blog comme lami intime de Manuel Aeschlimann (note du samedi 09 septembre 2006). « Criminaliser les jeunes des cités est chez vous une tradition Sébastien », lui répondait agressivement Chetouani, le samedi 21 octobre 2006 sur labanlieuesexprime.org. Car Zouhair Ech-Chetouani na rien dun grand médiateur pour la « paix des banlieues » comme il aime à se présenter. Proche de lex- directeur de cabinet Francis Pourbagher, il laccompagnait dans les rues, quand ce dernier apostrophait les policiers dans ces termes : « cest moi le patron ici ! » La copie du PV est ci-dessous (le rapport est resté sans suite) :
http://japarthur.typepad.com/Fichiers/20040302_Pourbagher
http://japarthur.typepad.com/Fichiers/20040302_Pourbagher