Émilie Trevert
source : Le Point.fr
Le Point : Bruno Gollnisch, également candidat à la présidence du FN, revendique son « antériorité ». Et vous ?
Marine Le Pen : Il parle d'« antériorité » simplement parce qu'il a vingt ans de plus que moi ! Pendant cinq ans, j'ai exprimé ma pensée sur différents sujets ; lui, n'a jamais réellement émis d'écrits sur le fond. J'ai aussi une vision économique et sociale différente, tandis que Gollnisch semble attaché à une vision traditionnelle du FN. Et j'ai la chance d'avoir une bonne image auprès d'un électorat qui ne vote pas FN.
On entre frontalement dans une guerre de succession...
Cette succession sera de toute manière compliquée, car Jean-Marie Le Pen est le fondateur du FN, qu'il a dirigé pendant trente-cinq ans, et sa personnalité a marqué le parti.
Etre une femme, doublée d'une « fille de... », n'est-ce pas un handicap ?
C'est un défi. Certains ont encore des réticences par rapport aux femmes, mais le FN n'est pas un parti machiste. Au départ, être la fille de Le Pen m'a été préjudiciable, mais depuis j'ai renforcé mon capital confiance. Finalement, c'est une chance d'être tombée dedans quand j'étais petite.