Le gouvernement irlandais examine léventualité de renoncer à la politique de défense et de sécurité européenne afin de rendre le traité de Lisbonne plus acceptable pour le public. Cest ce que le ministre irlandais des Affaires étrangères Micheál Martin a déclaré à la presse au cours dune réunion ministérielle informelle le 7 septembre à Avignon. Cette annonce confirme ainsi les informations selon lesquelles Dublin aurait envoyé des officiels à Copenhague le mois dernier afin détudier lexpérience du Danemark, qui avait décidé de se retirer complètement de la défense de lUE en 1992.
M. Martin sest dit personnellement opposé à linitiative. En effet, il estime que si lIrlande décidait de se retirer complètement de la politique de sécurité européenne, elle ne participerait dès lors plus aux missions européennes de maintien de la paix à létranger. Selon lui, larmée irlandaise a grandement profité de ce type dexpériences, recevant dailleurs de nombreux éloges de la communauté internationale.
Mais une source diplomatique a indiqué que si le retrait de la politique de défense est le prix à payer pour le « oui » irlandais au nouveau traité de Lisbonne, alors cest ce quil faut faire. La présidence française de lUE a dores et déjà fait part de sa volonté à tenir compte déventuelles garanties que les Irlandais souhaiteraient voir adjointes au traité, notamment en matière de neutralité, de valeurs religieuses, davortement, de fiscalité ou de régimes daide pour certaines professions (EurActiv 25/06/08).
Par ailleurs, une source de la Commission a déclaré à EurActiv quaux dernières nouvelles, les pays de lUE pourraient même tenter de convaincre lIrlande de voter à nouveau en modifiant les dispositions du traité actuel concernant la réduction du nombre de commissaires. De nombreux Irlandais ont voté « non » lors du référendum du 12 juin en croyant quils pourraient ainsi préserver le commissaire de leur pays.
Ce nest quaprès le vote quils se sont rendu compte que ce nétait pas le cas (EurActiv 19/06/08). Le traité de Lisbonne envisage de réduire le nombre de commissaires de 27 à 15 dici 2014. Or, même si le traité de Lisbonne nentre pas en vigueur, le traité de Nice requiert que ce nombre soit réduit à moins de 27 dès le prochain mandat de la Commission, à lautomne 2009 déjà.
Selon cette source, si on conserve le système actuel dun commissaire par pays, les Irlandais auraient dune part le sentiment davoir atteint un objectif important au travers de leur « non ». Dautre part, une telle mesure pourrait être facilement adoptée (au moyen dune brève conférence intergouvernementale). En effet, certains pays commencent eux aussi à émettre des doutes quant à la réduction du nombre de commissaires.