Le National Intelligence Council (Conseil national du renseignement américain), une agence américaine de renseignements, a rendu récemment un rapport intitulé « Global Trends 2025 - a Transformed World ». Ce document établit les prévisions sur létat du monde en 2025.
Une immigration toujours plus forte
Concernant la situation de limmigration sur le continent européen, le rapport confirme les prévisions émises par certains mouvements politiques comme le Front national. Selon lui, en 2025, la part des « minorités extra-européennes pourraient atteindre des proportions significatives - 15 % ou plus - dans presque tous les pays dEurope de louest » et ces populations auront une « structure dâge substantiellement plus jeune que la population de souche ».
Plus loin, le document affirme que dici 2025, « lEurope est devenue la destination de choix pour plus dun million de migrants chaque année et le foyer de plus 35 millions dindividus nés à létranger - beaucoup provenant de pays à majorité musulmane, en Afrique du nord, au Moyen-Orient et en Asie du sud ».
Concernant spécifiquement la « population musulmane dEurope de louest », un encadré leur est consacré. Il indique que la population française comporte actuellement la plus forte proportion de musulmans en Europe (5 à 6 % de la population totale soit 5 millions de personnes). Ces derniers seraient 3,5 millions en Allemagne et 1,8 millions au Royaume-Uni. Il assure que « si les modèles actuels de limmigration et de la fécondité des populations musulmanes, supérieure à la fécondité moyenne, continuent », alors, « lEurope de louest pourraient comporter 25 à 30 millions de musulmans dici 2025 ».
Des conséquences graves
Le rapport détaille les répercussions de cette immigration : « étant donné le mécontentement grandissant envers la proportion actuelle dimmigrés parmi les européens de souche, de telles augmentations [du nombre d'immigrés] intensifieront probablement les tensions ».
De plus, « les pays avec un nombre grandissant de musulmans, connaîtront un rapide changement dans leur composition ethnique, particulièrement autour des aires urbaines », ce qui « compliquera potentiellement les efforts » entrepris pour « faciliter lassimilation et lintégration ». Le document poursuit : en labsence dun nombre suffisant « demplois convenables », cette « concentration grandissante [dans les aires urbaines] pourraient mener à plus de tensions et de situations instables, telles que les émeutes de 2005 dans les banlieues parisiennes ». En outre, toujours selon le rapport : « en dépit dune couche sociale non négligeable de musulmans intégrés, un nombre grandissant - conduit par un sens de la séparation, de la rancune, et de linjustice - va probablement attacher davantage dimportance à lisolement de zones qui auront des pratiques religieuses et culturelles spécifiques à lIslam ».
Les implications politiques sont également expliquées dans le rapport : « limmigration et la politique dintégration » ainsi que « les affrontements avec les musulmans conservateurs sur léducation, les droits des femmes et le rapport entre lÉtat et la religion, vont probablement renforcer les formations politiques de centre-droit, et scinder les coalitions politiques de centre-gauche qui furent utiles dans la construction et le maintien des systèmes de protection sociale des pays européens ».
Enfin, le document du NIC souligne que « même si les communautés immigrées nobtiendront probablement pas une représentation parlementaire suffisante pour dicter la politique intérieure ou étrangère dici 2025, les sujets relatifs aux musulmans soulèveront une attention croissante sur la scène politique européenne ». Concernant la politique étrangère, et cest bien là ce qui inquiète les Américains : « les tensions continues, sociétales et politiques, à propos de lintégration des musulmans, rendront probablement les responsables européens plus sensibles aux répercussions potentielles intérieures quengendreront leurs politiques étrangères au Moyen-Orient », comme par exemple un « alignement trop important sur la politique [étrangère] américaine vue comme pro-israélienne ».
Lentrée de la Turquie dans lUnion européenne
Selon le rapport, les « doutes croissants à propos des chances de la Turquie [de rentrer dans l'UE] vont sans doute ralentir la mise en uvre de ses réformes sur les droits de lhomme ». En forme davertissement, le document poursuit : « tout refus catégorique risque davoir de larges répercussions, renforçant les arguments du monde musulman - y compris des minorités musulmanes dEurope - à propos de lincompatibilité entre lOccident et lIslam ».
LUnion européenne, un « géant boiteux »
Une bonne nouvelle tout de même, selon ce rapport, lUnion européenne aura fait en 2025 des « progrès limités dans la réalisation du rêve des leaders et des élites européennes [à savoir] : un acteur global cohérent, intégré et influant ». LUE aura alors toujours « besoin de combler un fossé démocratique entre Bruxelles et les citoyens européens » et ses dirigeants auront du mal à « convaincre le public sceptique, des bénéfices dune plus grande intégration économique, politique, et sociale ».
Il est à noter que toutes ces prévisions restent hasardeuses tant il est vrai que les peuples peuvent encore changer lorientation politique de leur pays sils le décident. Et cela passe en premier lieu par le vote aux élections européennes de juin prochain.
Les passages entre guillemets sont une traduction libre depuis langlais, effectuée par NP Info.
Consulter le rapport complet (120 pages en anglais, au format pdf)