Carl,
Jai bien reçu, comme lensemble des cadres et de la presse, ta lettre ouverte, qui se révèle être un véritable réquisitoire auquel tu me contrains de répondre.
Ce que jai tu pendant des années pour préserver lunité du mouvement, les cadres doivent maintenant le savoir, puisque tu en as décidé ainsi, en portant une série daccusations graves et publiques au cours de plusieurs conférences de presse.
On peut dabord regretter que jamais tu ne les ai développées, ni même simplement exprimées dans les instances prévues à cet effet, Conseil National ou Bureau Politique, où tu viens il est vrai très épisodiquement.
La vérité est que tu tes totalement désintéressé du parti depuis 2005.
A lépoque, tu nas, semble-t-il, pas supporté ton remplacement, alors que depuis de nombreux mois, tu exprimais ta lassitude et ton désir de quitter le Secrétariat Général, ce qui était compréhensible après 11 ans à ce poste. Depuis ce jour, tu nas plus jamais siégé au Bureau Exécutif, alors que tu es resté Vice-Président, et donc membre de droit de cette instance, jusquà lautomne 2007.
Au Congrès de 2007, alors que pour la première fois de lhistoire du Front national, les adhérents ont voté directement pour élire leurs instances dirigeantes, tu as refusé de présenter ta candidature au Comité Central, refusant par là-même ton maintien au Bureau Politique dont il est issu.
Jean-Marie Le Pen ta pourtant nommé sur son quota personnel, ainsi que Fernand Le Rachinel, dans ces deux instances, nominations que tu aurais pu refuser. Tu ten es bien gardé. On pouvait alors légitimement penser que tu évoquerais déventuels désaccords dans ces deux instances rien !
Tu nas jamais rien dit, ni là, ni dans le Bureau de Campagne des Présidentielles, auquel pourtant tu participais, là encore, hélas, de manière très épisodique. Aujourdhui, tu prends la presse, le Système qui nous combat et nos cadres à témoin, et tu déverses des critiques acerbes qui font, il faut bien le dire, le bonheur de nos adversaires. Je tiens à répondre à chacune dentre elles.
Tu commences ta lettre en indiquant « ce nest une surprise pour personne de me voir engagé activement dans la bataille politique de la campagne européenne, qui est avec lélection présidentielle et les élections législatives une bataille stratégique pour la France et les Français ».
Eh bien si, Carl, cest une surprise, car tu tes désintéressé totalement de ces élections. Ainsi, et jy reviendrai, tu as, durant la campagne présidentielle, fait le service minimum et même moins, après avoir refusé de prendre la moindre responsabilité dans celle-ci (cf. tes déclarations dans larticle du Monde du 30 août 2005, dans lequel tu indiquais te réserver pour les élections daprès).
Dautres que toi se sont donc mis au travail, ceux que tu vilipendes aujourdhui, tant pour diriger cette campagne que pour recueillir les signatures (mission, qui aux dires des militants, sest révélée aussi difficile en 2007 quen 2002, si ce nest plus).
Malgré tes déclarations, « les élections daprès » ne tont pas vu non plus !
Service minimum aux Législatives, tout dabord.
Malgré ton parachutage (toi aussi !) dans la meilleure circonscription de la région Nord- Pas de Calais, celle de Maubeuge, qui avait enregistré un score de 35,22% en 2002, tu as fait 11,6% en 2007, soit la plus grosse chute de la région.
Quant aux cantonales et aux municipales, tu as refusé purement et simplement de ty présenter, malgré les demandes pressantes des militants, convaincus quune liste à Maubeuge aurait toutes les chances davoir des élus.
De la même manière, tu indiques : « ce nest, jimagine, une surprise pour personne que je mène cette campagne dans la circonscription du nord-ouest ( ) où se trouvent toutes mes attaches familiales et personnelles ».
Carl, tu dois la vérité aux militants ! Si tu tes toujours présenté dans cette région, tu vis à Bruxelles et je crois savoir que tu votes à Boulogne Billancourt (Hauts de Seine). Ce nest pas un drame, je te laccorde .
Car le plus grave est certainement que depuis 4 ans, tu nas organisé aucune réunion dans « ta » région, les militants ne tont pas vu sur le terrain et je serais curieuse de savoir combien de conférences de presse tu as tenu pour porter la parole des électeurs du FN.
Malgré cela, par faiblesse peut-être, il na jamais été question de técarter du combat européen dans cette région; et pourtant, Carl, sincèrement, le Front national na pas assez délus pour se permettre de faire élire des cadres qui ne vont pas sur le terrain, qui choisissent les élections qui les intéressent, abandonnent les autres et nassument pas leur rôle danimateur des fédérations, voire de moteur politique du mouvement.
Tu poursuis: « cest dailleurs la raison pour laquelle, jai, en respectant les procédures internes, officiellement sollicité linvestiture du Front National ».
Comme je lai fait moi-même, Carl, avec la même légitimité:
- Conseillère régionale du Nord-Pas de Calais de 1998 à 2004, à ta demande (le parachutage, à lépoque, ne semblait pas te poser de problèmes, sil apportait une dynamique à ta liste
),
- Candidate dans la 13ème circonscription du Pas de Calais en 2002, où je recueillais 24% au premier tour et 32% au second,
- Candidate dans la 14ème circonscription du Pas de Calais en 2007, où je recueillais 41, 65% au second tour (Steeve Briois, mon suppléant, avait obtenu 32,18% en 2002),
- Candidate aux Municipales à Hénin-Beaumont en 2007, où Steeve Briois, tête de liste, enregistrait là encore le meilleur score de France, avec 29% au premier tour et 29,5% au second.
Ma candidature en Ile-de-France en 2004 fut donc une parenthèse liée à ma situation familiale, et plus particulièrement à la difficulté, insurmontable à lépoque, deffectuer des allers-retours hebdomadaires avec 3 enfants en bas âges. Tu navais pas, il est vrai, ce genre de problème domestique, tes enfants vivant en Suède depuis de nombreuses années.
Poursuivant, tu sembles te scandaliser que dans un entretien au journal Valeurs Actuelles, quelques semaines avant la réunion de la Commission dInvestiture, Jean-Marie Le Pen ait déclaré que je devais conduire la liste dans le grand Nord-Ouest.
Mais Jean-Marie Le Pen nest quun des membres de la Commission, même sil la préside.
Et il a le droit davoir son opinion, au même titre que Bruno Gollnisch, qui na pas caché quil soutenait pour sa part ta candidature. Je ne vois là rien de scandaleux, ni dans un sens, ni dans lautre.
Tu étais moins tatillon quant au fonctionnement démocratique lorsque tu as été nommé par Jean-Marie Le Pen, à 29 ans, en 1988, Secrétaire Général, alors que lensemble du mouvement penchait plutôt pour la nomination de Bruno Gollnisch.
Tu parles de « mascarade », de « mépris des procédures internes », mais cest toi qui es méprisant, à légard des membres de la Commission, dont certains ont combattu à tes côtés depuis des décennies.
En dépit de lamitié ancienne qui te lie à certains dentre eux, ils ont, avec objectivité - et cest tout à leur honneur choisi, à une écrasante majorité, le candidat qui leur semble susceptible de réunir le plus grand nombre de suffrages. Ils ont aussi vivement souhaité que tu acceptes la seconde place sur la liste, ce que je tavais proposé.
Puisque le ticket Lang-Le Pen avait si bien marché aux régionales de 1998, il ny avait pas de raison quun ticket Le Pen Lang ne soit pas aussi performant aux Européennes de 2009.
Alors, en désespoir de cause, tu assènes largument ultime, de sinistre mémoire pour nos adhérents, car utilisé ad nauseam lors de la scission de 1998 : « comment dans ces conditions ne pas parler de préférence familiale, de dérive familiale, de Front familial ? ».
Cet argument est déshonorant et indigne de toi.
Est-ce à dire que parce que je suis sa fille, je serai pour toujours illégitime à mener le combat politique ?
Est-ce à dire que je nai donc aucune qualité, Carl ?
Malgré la pugnacité avec laquelle je défends nos idées depuis des années, sur le terrain électoral, en sillonnant les fédérations, dans de très nombreux medias, dans le cadre enfin des responsabilités que lon ma confiées en interne et que je remplis loyalement, sans compter ni mon temps, ni mon énergie ?
Est-ce à dire que tu vas clouer au pilori tous nos adhérents, tous nos cadres qui se sont engagés, très souvent et tu le sais, en famille, dans le combat politique ?
Nest-ce pas ton cas, et celui de beaucoup de tes soutiens ?
- le Colonel Disdier et sa fille Mélanie, tous deux successivement Conseillers régionaux,
- monsieur et madame Butez, lun salarié du groupe, lautre conseiller régional du même groupe,
- monsieur et madame Baeckeroot, tous deux Conseillers régionaux,
- monsieur Gilles Arnaud et sa compagne, tous deux Conseillers régionaux,
Tu le vois, Carl, sans porter de jugement, la liste est longue et non exhaustive .
Puis, tu poses enfin la question essentielle dis-tu, la question humaine et la question politique.
Tu assènes ici ton argument massue : « je nai plus aucune confiance, ni politique, ni humaine, en Marine Le Pen ».
Pour justifier cette perte de confiance, tu détailles : « depuis que celle-ci a déclaré sur une radio «je me désolidarise sans ambigüités des propos de Bruno Gollnisch », au moment où celui-ci était victime dune campagne médiatique de désinformation et de lynchage ».
Pourquoi, Carl, te sens-tu obligé de mentir pour te justifier ?
Es-tu à ce point désinformé ?
Tu as, quoi quil en soit, la mémoire courte et je vais te la rafraîchir.
Voici mes vraies déclarations au micro de RTL : « Mon sens de lhonneur minterdit de participer à un lynchage ou à une chasse aux sorcières à légard dun patriote convaincu (Bruno Gollnisch, ndlr). Ceci étant dit, je désapprouve sans ambigüités et sincèrement ces propos ( .). Je dis que tout propos tendant évidemment à nourrir cette suspicion (celle dantisémitisme qui pèse injustement sur le FN) ou à créer une quelconque ambigüité sur ce sujet me paraît malvenu ( .) ».
Admets que nous sommes bien loin des propos que mensongèrement tu me prêtes.
Tu ne peux ignorer non plus que jai, au Bureau Politique suivant, voté la motion de soutien à Bruno. Jai encore, il y a quelques jours, face à 70 lycéens du Lycée Balzac, dans un véritable procès de Moscou télévisé, assumé toutes les déclarations de tous les dirigeants du FN.
En as-tu fait autant, Carl ?
Toi qui déclarais, à ce sujet, dans Le Monde du 14 janvier 2005, « les propos de M. Le Pen (sur loccupation, ndlr) nengagent que monsieur Le Pen, comme ceux de M. Gollnisch nengagent que M. Gollnisch ».
On a déjà vu démonstration de soutien et de solidarité plus claire, nest-ce pas ?
Bref, es-tu franc et sincère dans ce dossier ?
Tu évoques ensuite ma prise de distance, durant quelques semaines, à la suite des déclarations du Président en 2005, pour asséner ton jugement sans appel : « je nai plus confiance en ses capacités de résistance à la diabolisation, et de solidarité dans lépreuve ».
A laune de tes déclarations - ci-dessus reproduites - , cest, tu ladmettras, à mourir de rire !
Cest vrai, jai pendant quelques semaines, « séché » le Bureau Exécutif, ayant le sentiment que lon remettait en cause au plus haut niveau la nécessaire dédiabolisation du mouvement.
Cette dédiabolisation, je ne lai jamais entendue comme un affadissement de notre message, mais comme une lutte essentielle contre les accusations de « racisme », « fascisme », « nazisme », « antisémitisme » que certains portent injustement et scandaleusement contre le Front National.
Allez, jai donc émis, à un cours moment, une réserve politique que jai exprimée non pas sur toutes les radios et télévisions - ce que tu es en train de faire - mais en prenant une période de recul.
Tu veux nous faire croire sincèrement que cela mérite la potence ?
Cest dérisoire ! Je trouve cela plus honorable que de prendre totalement ses distances avec toutes les instances, les fédérations, le terrain, pendant plusieurs années, simplement parce que lon est mécontent davoir été remplacé, après 11 ans, au poste de Secrétaire Général !
Probablement pas convaincu de la justesse de largument que tu viens de développer, tu en rajoutes un supplémentaire : « lorsque lon prétend vouloir être candidat à la présidence de la République, il faut dabord avoir le courage et la volonté de défendre ses mandats (en Ile de France, ndlr); ce nest pas en abandonnant son poste, du fait dun risque électoral potentiel, que lon montre le chemin de lengagement et du nécessaire combat des idées ».
Que de principes assénés !
Que de leçons de morale !
Je naurai pas la cruauté de te rappeler que tu tes posé moins de problèmes de conscience en 1992, lorsque tu nas, je te cite, pas eu « le courage et la volonté de défendre (ton) mandat » de Conseiller Régional de Normandie, pour te « parachuter » (sic) aux élections régionales dans la région Nord Pas de Calais risible, nest-ce pas ?
Tu évoques enfin un « risque électoral potentiel en Ile de France ».
Voyons, Carl, le risque existe partout ! à chaque élection ! Comme nous lont démontré les dernières Législatives. Ce risque nest pas plus grand aujourdhui quen 2004, lorsque jy ai bataillé aux Européennes et aux Régionales (15 élus).
Comme je lai rappelé plus haut, je trouve ma candidature dans la grande région Nord-Ouest au moins aussi légitime que la tienne, compte tenu des résultats et de la dynamique que jai apportés au mouvement dans cette région, avec mes colistiers et militants.
Mais, pour ma part, je noublie pas que nous sommes des députés Français au Parlement européen. Cest ainsi tous les Français que nous défendons et auprès desquels, quelles que soient les régions dans lesquelles nous sommes investis, nous devons défendre nos mandats.
Revenons, puisque tu y reviens toi-même, à lélection présidentielle.
Là encore, les critiques pleuvent !
Jaurais - car si jai bien compris jai tout décidé et fait toute seule, sans lavis du candidat, sans lavis du Bureau Politique, sans celui du Bureau Exécutif, sans lavis du Bureau de campagne - « délepénisé Le Pen ».
Vaste programme !
Tu maccordes plus de pouvoir que je nen ai.
La vérité est que la tonalité de la campagne de 2007 était totalement similaire à celle de 2002, que tu avais trouvée si bonne.
La vérité est que contrairement à ce que tu affirmes, la dénonciation de limmigration na probablement jamais été aussi présente que lors de cette campagne, durant laquelle, sur tous les tons et dans tous les medias, Jean-Marie Le Pen a rappelé notre exigence dune immigration-zéro. Jai moi-même porté ce discours de fermeté dans les innombrables medias sur lesquels je me suis exprimée.
La vérité est que nos thèmes de campagne ont fait lobjet dun véritable hold-up de la part de Nicolas Sarkozy, de manière aussi cynique que méthodique, et quils sont bien présomptueux, les « Yaka », et les « Fokon », qui, nayant rien fait pendant la campagne viennent par la suite donner des leçons et trouver des solutions miracles.
Enfin, argument ultime, tu me reproches la dalle dArgenteuil
Alors que je sais que tu sais que jai découvert ce discours au dernier moment.
Trop tard pour discutailler du bien fondé, de lopportunité ou du fond de cette intervention, que tu isoles arbitrairement, au milieu de centaines dautres. Jen fus, pour ma part, solidaire, sans discuter.
Quant à ma déclaration - là encore, une parmi des centaines dautres - évoquant la candidature de Jean-Marie Le Pen comme « la candidature de rassemblement du peuple français, débarrassé des spécificités religieuses, ethniques, etc », je ne comprends toujours pas ce quelle a de choquant, le Front national sétant toujours présenté comme le parti qui défend les Français, quels que soient leur parcours politique, leur race, leur religion - ou leur absence de religion. Cette évidence, je te le rappelle, est inscrite dans les statuts du Front national.
Tu termines ton courrier par une insinuation scandaleuse, en laissant entendre que le Front National taurait proposé de te payer pendant deux ans pour obtenir ton retrait. Cest faux !
Le Front National, au cas où tu aurais accepté la seconde place, ta tout naturellement proposé de te permettre datteindre ta retraite, dans lhypothèse où tu ne serais pas réélu.
Carl, tu as fait toute ta « carrière » au Front National. Je trouvais quil était normal, en cas dinsuccès, de ne pas te laisser sans ressources, tobligeant ainsi à redevenir, à 52 ans, kinésithérapeute.
Tu réussis donc le tour de force de présenter cette expression de la solidarité du mouvement envers un de ses cadres comme une basse tentative de corruption. Cest dune profonde malhonnêteté, et là encore, cest indigne.
Voilà comment, Carl, tu as habillé ton départ, trouvé de fausses excuses - jusquà la dénaturation des faits - en te servant de moi comme dun bouc-émissaire à ta décision de dissidence.
La vérité est que tu as développé une hostilité personnelle et irrationnelle à mon égard depuis que je suis revenue en 2007, dans « ta » région.
Jen veux pour preuve labsence totale, de ta part, dun seul message dencouragement, ni le soir des Législatives, ni même le soir des municipales, alors que tu es le Président du groupe Front National à la région.
Mais surtout, et cest encore plus révélateur, labsence totale du moindre signe damitié ni même de solidarité lors de lagression à main armée dont jai été victime à la braderie dHénin-Beaumont !
Tu vois, il nest pas utile de tordre la vérité pour tenter dhabiller cette hostilité dois-je parler de haine ? - de considérations politiques farfelues.
Tu nas donc plus, dis-tu, confiance, « ni politiquement, ni humainement » en Marine Le Pen.
Eh bien je suis obligé de men féliciter, tant je constate au vu de ton entourage humain et politique, la fragilité de ton jugement.
Tu nas pas confiance politiquement en moi ? Tu réserves, il est vrai, ta confiance à monsieur Dubout, qui, après avoir obtenu 12% des voix au premier tour des municipales à Calais, a trahi les électeurs du Front National en retirant sa liste pour permettre lélection du candidat UMP (qui gouverne depuis avec les socialistes), les privant ainsi de représentants, donc de défenseurs, à lAssemblée communale.
Tu réserves, il est vrai, ta confiance, à Dominique Slabolepszy, qui après avoir vainement tenté de monter une liste dissidente aux municipales avec lUMP locale, fait le rêve sur son blog dun accord avec le MPF dont tout le monde sait quil est une roue de secours dune majorité UMP en train de ruiner et de dénaturer la France.
Tu réserves, il est vrai, humainement, ta confiance aux conseillers régionaux de ton groupe, qui, violant leurs engagements sur lhonneur, ont brutalement cessé de reverser leur quote-part au Front National, dans le but évident dasphyxier leurs propres fédérations, au moment où la trésorerie du FN traversait une période critique.
Tu réserves, il est vrai, humainement ta confiance à Christian Baeckeroot, qui a lâchement et publiquement insulté Roger Holeindre, en ces termes indignes : « tu es une merde, un salopard, une ordure, je lai toujours su ».
Tu réserves, il est vrai, humainement, ta confiance, à Fernand Le Rachinel, qui a grossièrement surfacturé le Front national (ce que lexpertise judiciaire que nous avons obtenue démontrera), au risque de le faire sombrer financièrement et dobérer son avenir.
Tu réserves, il est vrai, humainement, ta confiance à Philippe Bernard, ton bras droit, pourtant mis en examen pour « faux et falsifications, abus de confiance et escroquerie » au détriment du Front national, partie civile dans cette affaire. Tu es même allé jusquà lui réitérer ta « confiance » postérieurement à la révélation de ces faits, en lui confiant la trésorerie de lassociation des élus du Nord-Pas de Calais !
Tu réserves, il est vrai, humainement, ta confiance à ton assistant, monsieur Frédéric Butez, mis en examen dans laffaire Bernard .
Je continue ?
Dans ces conditions, Carl, je me félicite que tu naies pas confiance en moi.
Somme toute, le plus important à mes yeux est la confiance des adhérents du Front National, quils ont exprimée en me plaçant en seconde position, derrière Bruno, au Comité Central, lors du dernier Congrès.
Je regrette simplement que tu prennes le risque daffaiblir notre mouvement au moment où, plus que jamais, la France a besoin de lui.
Crois bien que jaurais préféré garder tout cela pour moi, mais jai été élevée dans la famille Front National, dans lesprit Front National où lon ma appris que tout ne vaut pas tout, que la vérité est supérieure au mensonge, la sincérité aux postures et la droiture à la déloyauté.
Ce courrier nen est que la légitime expression.
Marine Le Pen