Organe externe et indépendant, elle vérifie que les dépenses des institutions de lUnion européenne (Commission, Parlement, Conseil de lUE, Cour de Justice, Banque européenne dinvestissement et les bénéficiaires des aides européennes) soient légitimes et faites au moindre coût.
Ainsi la Cour des comptes a-t-elle refusé de valider les comptes 2006 de lUE pour la 13e année consécutive ! Le rapport mentionnait des contrôles internes peu approfondis à la Commission mais aussi dans les États membres, moyennant quoi 80 % du budget européen (sur 107 milliards deuros) na pas passé la procédure daudit.
Selon le président dalors, lAutrichien Hubert Weber, « Les erreurs résultent, entre autres, de négligences, dune méconnaissance des règles souvent complexes et de tentatives présumées de fraude au budget de lUE ».
Le rapport pointe notamment le secteur de la politique agricole : outre des paiements irréguliers, 12 % des aides régionales nont pas été correctement représentées, et il y a, parmi les bénéficiaires, des compagnies de chemin de fer, des clubs déquitation et délevage de chevaux, des clubs de golf et de loisirs, ou des conseils municipaux !
Quels moyens la Cour européenne des comptes a-t-elle de contraindre lUE à plus de discipline en matière budgétaire ? Apparemment aussi peu que la Cour des comptes française, qui ségosille à dénoncer les gaspillages de lÉtat sans que les résultats soient vraiment probants, faute de pouvoir sanctionner les responsables.
La Cour européenne des comptes, composée dun membre de chaque état de lunion, et présidée depuis janvier dernier par le Portugais Vitor Manuel da Silva Caldeira, na aucun pouvoir juridique propre : si elle découvre une fraude ou une irrégularité, elle ne peut quinformer lOffice européen de lutte anti-fraude (OLAF).
Les conclusions de ses rapports sont faites pour « attirer lattention de la Commission et des gouvernements » sur déventuels dysfonctionnements, sans que cela noblige les institutions concernées à y remédier.
Article extrait du Cri du Contribuable n°52