Voici quelques mois, au sujet de lIran, Monsieur Kouchner se présentait en va-t-en-guerre. En avait-il trop dit ? Le silence gêné du Président Sarkozy nétait pas un démenti.
Aujourdhui les faits éclatent au grand jour avec le projet dinstallation de bases militaires françaises, notamment face à lIran. Monsieur Sarkozy, « Américain possédant un passeport français » et son ami Kouchner seraient-ils chargés dune double mission ? :
- Précipiter lEurope aux côtés des Etats-Unis dans un conflit avec lIran au Proche-Orient ;
- Verrouiller lunité européenne le plus rapidement possible afin de stopper le risque de rapprochement entre le vieux continent et une Russie émergente.
Cest lapplication pure et simple de larchaïque politique américaine du « diviser pour régner » et du « déstabiliser pour intervenir ».
Limplication de la France aux cotés des Américains, par lengagement dune présence militaire et la volonté hystérique de bâcler la constitution des Etats-Unis dEurope avant daccéder pour six mois à la présidence, sont donc les deux volets dune même logique de guerre arrêtée par Bush.
Cet alignement était prévisible dès linstant où Sarkozy plaçait dans le poste si important des affaires étrangères latlantiste sulfureux Kouchner, seul défenseur officiel de lintervention américaine en Irak (il faut dailleurs rappeler que Sarkozy sétait engagé à ne choisir comme ministre que des hommes ayant obtenu un mandat électif). Lintouchable ex-médecin, antimilitariste quand il sagit de larmée de son pays, serait-il commis aujourdhui de fournir de la chair à canon ? Limplication croissante de nos troupes en Afghanistan en appui de la politique américaine nest que lillustration de cette rupture dans lindépendance de notre diplomatie.
On peut comprendre linquiétude du monde industrialisé quant à la garantie de ses approvisionnements ; on peut admettre que les pays industrialisés, parlant dune seule voix, décident de la mise en place dune force opérationnelle de protection dune zone dans laquelle transite la quasi-totalité de lénergie mondiale. Cette solution eût pu faire fléchir les éventuelles velléités de lIran sur cette partie du Monde en associant à ce dispositif préventif, son allié russe. Le dispositif eut été plus dissuasif quune compromission sans poids.
Il est moins compréhensible quun Président nait pas évalué létat de la force armée quil vient de démanteler, avant que de sen servir comme fer de lance de sa politique de présence dans cette région sous tension. La Fontaine raillerait que la grenouille franco-hongroise veuille se faire plus grosse que le boeuf américain. On se souvient comment la grenouille du fabuliste a fini
Cette politique impulsive du revirement va avoir deux conséquences catastrophiques pour léquilibre du vieux continent :
- La première est dengager la France à court terme et lEurope à moyen terme dans un rapport de force dont elles sont les maillons faibles ;
- La seconde va être de réanimer des tensions entre une Russie à nouveau présente sur léchiquier politique et une Europe occidentalisée sans maturité politique et aux intérêts divergents.
La France maillon faible parce que son armée est sous dotée budgétairement, sous dotée matériellement, en sous-effectif quantitatif et qualitatif.
La France maillon faible parce quelle est incapable de régler ses divergences intérieures ni même dassumer sa propre sécurité (on la vu au moment des vagues démeutes ethniques de banlieues)
La France maillon faible car elle na pas le courage de sattaquer au fond du problème créé par une immigration, en mal dun eldorado inexistant, disponible au recrutement des réseaux fondamentalistes qui infiltrent le pays.
La stratégie de linfiltration sest pratiquée depuis plusieurs décennies en Afghanistan, en Afrique de lEst, dans les archipels dExtrême-Orient où règne la guérilla. LAfrique est islamisée par linstallation décoles coraniques qui préparent des enfants daujourdhui à être les soldats de lislam, demain.
« Un jour viendra où les peuples du sud envahiront les peuples du Nord et cela ne se fera ni amicalement ni pacifiquement » (Boumediene)
Les Français vont découvrir sous peu, hélas, et douloureusement le visage du terrorisme salafiste comme ils ont découvert voici quelques années, non sans stupeur, quun ouvrier modèle, discret, bon travailleur chez Renault était responsable de la tuerie de la rue de Rennes.
La France maillon faible parce quelle refuse dadmettre que limmigration est lagence de voyage quemploie aussi le terrorisme.
La France maillon faible parce que la détermination nationale est sapée depuis des décennies par lidéologie du repentir, de lanti-France, et par la démotivation de la jeunesse préparée au fatalisme de la régression.
LAmérique a besoin de ce maillon faible pour asseoir sans partage son hégémonisme sur le Monde. Limplication de la France nest donc que le fusible à court terme de la politique va-t-en-guerre dune Présidence américaine qui se demande chaque matin en se rasant jusquoù elle va pouvoir bluffer. Mais le rôle dun fusible est de sauter à la place de linstallation principale.
Létape suivante sera lEurope déjà plombée par léconomie américaine.
Sarkozy veut faire lEurope tout de suite, quitte à faire un déni de démocratie, à mépriser lavis des peuples. Il en va de lintérêt Américain qui doit verrouiller lessor européen avant que la Russie ait les moyens de sy intégrer économiquement. En outre, lenjeu stratégique est la façade méditerranéenne de lEurope, Israël ne pouvant plus tenir longtemps cet emplacement capital entre lAsie lAfrique et lEurope. (Lire Les clés de la guerre De pierre Rossi, écrit en 1966 et toujours dactualité.)
Une Europe bâclée par une constitution illisible ratifiée dans lombre des peuples et lobscurantisme des signataires.
Une Europe supranationale qui préside déjà au démantèlement des états et communautés nationales historiques. On vient de le voir avec la récente création de létat du Kosovo quasiment imposée par la diplomatie américaine.
Voilà résumée la méthode miracle Sarkozienne pour vous ôter tous les maux de Bush. Léconomie américaine a encore de beaux jours devant elle.
Mais cest oublier que Vladimir Poutine, ayant assaini la Russie des mafias qui lavaient porté au pouvoir a redoré le blason de son pays, motivé la conscience nationale de sa jeunesse et de son armée.
LEurope est le fusible instrumentalisé par Bush contre Poutine (comme le fut en son temps la révolte afghane dont un certain Ben Laden était le pion de la CIA) : la désastreuse affaire du Kurks nest quune des tristes et peu médiatiques provocations à la sauce américaine.
Il y avait une logique de paix qui sannonçait, au-delà des clivages idéologiques, avec la fin de la guerre froide, louverture de la Chine à léconomie de marché, les échanges et la coopération technologique et surtout la mise en route dun continent africain paupérisé par une décolonisation trop rapide. Limpérialisme américain nen veut pas. Doù la campagne médiatique orchestrée chez les autres contre la Chine à loccasion des J.O.
Le président Sarkozy a donc choisi une logique de guerre : celle de la fuite en avant, de larrogance ; celle de lAmérique autiste à tous les avertissements de lhistoire et dont les propres armes se retournent contre elle : Ben Laden, 11 septembre, guerre dIrak ; Autant déchecs meurtriers - celle de la négociation et du troc avec le nimporte quoi (voyage de Kadhafi). Celle du camp qui va perdre.
Grâce à loncle dAmérique, déjà, « LEurope a perdu lAfrique ». Cest toute lEurope qui risque dêtre déstabilisée si un terme nest pas mis à la politique atlantiste de Sarkozy.
Le président Sarkozy ne doit pas quitter la tradition de paix de la diplomatie qui avait su donner à la France un rôle dinterlocuteur et de médiateur objectif apprécié de tous.
Il doit tenir compte du fait que la ratification que la charte européenne na de valeur quaprès laval des peuples par voie de référendum. Il ne doit pas oublier que la dissuasion est larme de la paix.
Si la diplomatie française ne reprend pas le langage rationnel qui lui permit pendant des décennies dimposer la négociation à laffrontement, si le peuple est rejeté de la démocratie, la paix en Europe et en France sera menacée.
La seule différence entre Chamberlain en 1939 et Sarkozy en 2008, cest que le premier croyait avoir sauvé la paix et que le second est en train de sauver la guerre que nous perdrons. Mais de toute façon, comme en 1945, la France et son peuple mais aussi lidéal de paix quils représentent seront les mutilés de lhistoire.
Voilà pourquoi, au-delà des idéologies, La France doit devenir notre arme de Résistance commune contre la mondialisation, mais aussi notre flamme de lespérance en la paix.
HONNEUR A NOS DIX SOLDATS TUES
POUR UNE CAUSE QUI NEST PAS CELLE DE NOTRE FRANCE
Agathon - août 2008
source : http://www.nationspresse.info/