Il paraît que nos soldats se font tuer en Afghanistan dans une guerre contre le terrorisme à laquelle la France sassocie pendant que dautres Etats plus directement concernés Israël, par exemple traitent le problème dans leurs propres frontières.
Nous ferions bien de les imiter car il nest point besoin daller jouer les supplétifs des Américains à Kaboul quand le terrorisme est à nos portes, voire dans nos banlieues.
M. Sarkozy est parti se recueillir sur nos morts. Peut- être, pendant le voyage, se sera-t-il demandé si vraiment comme il le prétend la France veut augmenter sa participation de 700 hommes. Peut-être songera-t-il aux 58 morts du Drakkar de Beyrouth quun lâche simulacre de représailles na pas suffi à faire oublier.** Peut-être, plus près de nous, se souviendra-t-il de ces trois soldats prisonniers retrouvés éventrés dans une guerre de sauvages auxquels cest faire beaucoup dhonneur que de vouloir en faire des citoyens à notre image.
Combien faudra-t-il encore de sang français répandu ? De millions deuros versés par nos contribuables dans le tonneau sans fond de la corruption généralisée qui sert de morale politique à de désastreux petits seigneurs de la guerre ? Quand, enfin, M. Sarkozy réduira-t-il sa voilure et remontera-t-il la France vers le niveau réaliste dont la fait chuter sa politique de gribouille ?
** Lémotion provoquée par le terrible attentat du Drakkar fut telle que, après avoir beaucoup tergiversé et avec une mauvaise volonté évidente, François Mitterrand dût se résoudre à user de représailles contre le Hezbollah auteur de la tuerie. Les conditions étaient on ne peut plus favorables : le porte-avions « Clémenceau » était à la mer, à dix minutes de vol de la côte libanaise ; les services de renseignements français avaient localisé un camp dentraînement du Hezbollah dans la plaine de la Bekaa Le professionnalisme des pilotes, la qualité des équipements de navigation et de tir des « Etendard », la météo et la quasi absence de moyens de défense sol/air de lennemi devaient garantir le succès de lopération Et pourtant, elle se résuma à la ruine dune bergerie et à la mort dun malheureux qui traînait dans le coin avec ses moutons ! Un mois après on en riait encore dans les rues de Beyrouth où lon savait que, sans doute prévenus par des moyens français, les terroristes du Parti de Dieu avaient opportunément décampé. Et, des journaux parisiens se gaussant de léchec de lopération, les médias libanais déclarèrent que, pendant lassaut, deux avions israéliens placés à la verticale de lobjectif avaient tout filmé de sa destruction complète. LHonneur de la Marine était sauf pas celui de la clique présidentielle !
Lucien Ruty