La leçon nest plus à faire sur les guerres de rapines nécessaires à la survie de ce que lon nomme pudiquement léconomie de marché au moment même où le « marché » , malgré son cortège daventures militaires calculées, sécroule dans une crise financière dampleur mondiale et quémande aux humbles, aux honnêtes gens, aux « non possédants » de se saigner encore plus pour combler ses déficits abyssaux.
Cependant, ce quil faut bien mesurer, cest la contradiction pas si claire à détecter , entre les apparences daujourdhui et la réalité de demain.
Certains commencent à expliquer ( et comment les en blâmer?) quà lévidence, nous arrivons au « seuil dincompétence » de la mondialisation; Les petites guerres ne suffisent plus pour huiler les vieux systèmes de production féodaux de Washington, les outils bancaires sont caduques, la vision archaïque de léconomie libérale sestompe pour laisser la place au réalisme social: le capitalisme nationalise ! Après le national bolchevisme voici venir lheure du bolcho capitalisme. Les lendemains chantent. Les affairistes de Wall Street déclinent le Dow Jones en lisant le Capital de Karl Marx ! Certes, la souffrance et la faim peuvent pousser les peuples à se mettre à espérer un « autre possible » et il est de lintérêt de leurs dirigeants de les encourager à se gaver despoirs opiacés Cependant, ce que nous démontrent les événements, cest le déroulement logique et implacable de la nécessité pour le capitalisme dun choc frontal de système à système contre les sociétés qui refusent la normalisation nécessaire à toute dictature de largent.
Tout totalitarisme exige la capitulation sans condition des insoumis. La solution pour survivre aux tensions sociales et financières, nest pas et na jamais été lalimentation de petits foyers, mais bien le déclenchement dune grande guerre mondiale sans laquelle précisément, la mondialisation périclitera.
Parlons clair. Les banksters de New York ont réussi à établir les preuves de liaisons insupportables pour eux: laxe Moscou-New Delhi-Pékin-Téhéran-Caracas (nouveau missile hypersonique indo-russe BrahMos-2, cap sur le Venezuela pour la Marine de guerre russe, construction de la centrale nucléaire de Bouchehr en Iran par la compagnie russe Atomstroyexport, augmentation du fonds stratégiquepour le Venezuela créé il y a moins dun an, doté de 4 milliards de dollars déposés par la Chine.)
Cest le premier cercle de résistance. Il couvre un deuxième cercle immédiatement plus explosif et plus complexe: laxe Islamabad- Kaboul- Bagdad.
La guerre chaude y distribue son lot quotidien de cadavres déchiquetés. Cela se voit. Mais les humiliations et les frustrations accumulées font, quà lintérieur même des appareils détat, en apparence collaborateurs dociles de lOncle Sam , se sont développés des systèmes secrets, opaques, capillaires, qui contournent les politiques de coopération, infiltrent les armées nationales alliées de lEmpire, sabotent les opérations de pacification : échange de tirs entre militaires pakistanais et Américains le long de la frontière afghano-pakistanaise, multiplication des pôles dopposition à « lOccident » au sein du parlement afghan ( progressistes post-communiste, centralistes royalistes, nationalistes pachtounes, islamistes conservateurs), document de La Mecque concernant lIrak signé entre les chiites et les sunnites rappelant « la défense de lunité de lIrak et de son intégrité territoriale » .
Ne nous y trompons pas, le Pentagone nignore rien de ces « trahisons » et de ces alliances, au final, funestes pour leurs objectifs. Ce nest pas par hasard que les destroyers de lUS Navy venus ravitailler la Géorgie mouillent désormais à quelques encablures de la base navale russe de Gudauta.
Ce nest pas à une multiplication de guerres régionales quil faut sattendre de la part des grands brigands impérialistes, mais bien à une marche à la guerre mondiale à cadence forcée.
La mort héroïque de Malalaï Kakar, la Sophie Scholl afghane, musulmane qui dirigeait le département des crimes contre les femmes de la police de Kandahar illustre tragiquement les futures limites dun simple positionnement « humaniste » dans la défense du droit des identités face à la politique dagression menée par limpérialisme US ,outil du capitalisme trans-national. Ne nous restera-t-il que le choix entre lobscurantisme religieux et la machinerie Mac Do Coca à décerveler les peuples? Cest le cadeau empoisonné de la mondialisation . Il est à craindre que cela soit notre sale héritage, notre traité de Versailles pour le XXI ème siècle .
Jean-Marc DESANTI